L’union régionale des médecins libéraux (URML) de la Réunion vient
d’adresser à tous les professionnels de santé de la Réunion une “ti carte
bleue” destinée aux malades atteints de pathologies chroniques comme
le diabète. Son objectif : éviter les interactions médicamenteuses.
L’URML de la Réunion fait encore parler d’elle.
Célèbre dans le landerneau
médical pour ses “coups de gueule” contre des campagnes de dépistage du
ministère de la Santé (ex : cancer du col de l’utérus), elle est loin de faire
l’unanimité dans la profession. Cette fois, elle s’oriente sur un terrain
beaucoup moins polémique, en proposant un nouvel outil pour les malades
chroniques à l’instar des diabétiques, des hypertendus ou des asthmatiques,
surreprésentés dans l’île. Intitulé “ti carte bleue”, ce mini-carnet de santé
en forme de carte Vitale, est une formule relookée de la “carte de prise
médicamenteuse” qui avait été lancée l’année dernière.
Comme l’ancienne,
elle permet aux professionnels de santé de visualiser en un seul coup d’oeil la
totalité des médicaments prescrits au patient. Selon Philippe de Chazournes,
secrétaire général de l’URML, elle “vise une amélioration des prescriptions
aussi bien dans leur qualité que dans leur quantité”. Et de constater que les
médecins “avaient du mal à savoir ce que prenaient réellement leurs
patients, entre les médicaments prescrits et non pris ou mal pris, les
médicaments prescrits par des confrères mais que le médecin traitant
ignore” ou encore “les médicaments pris en automédicamentation”. Un
manque d’informations qui pouvait être source d’inefficacité mais qui
pouvait également causer des interactions préjudiciables. La “ti carte bleue”
devrait permettre d’éviter ces effets indésirables qui causent la mort de
patients chaque année.
“Dis-moi ce que tu prends, et je te donnerai ce dont
tu as besoin”, résume le Dr Chazournes.
Par ailleurs, l’intérêt est également
pédagogique : “Il est indispensable d’expliquer et de rééxpliquer au patient
les médicaments qu’il prend pour le faire adhérer à son traitement.” 100 000
exemplaires ont été envoyés aux médecins généralistes, pharmaciens et
autres spécialistes de la Réunion pour un coût de 5 centimes pièce.
À
charge maintenant aux médecins de remplir la carte des médicaments
prescrits, en précisant le dosage, la posologie ou encore les antécédents
médicaux.
M.P. |