UNION REGIONALE DES MEDECINS LIBERAUX DE LA REUNION
Pour prévenir la crise de goutte
ni alcool…ni boisson sucrée !

Publié le 22/02/2008 : http://www.jim.fr/e-docs/00/01/81/44/document_actu_med.phtml

La goutte est l’arthropathie inflammatoire la plus fréquente chez les hommes et son incidence est en constante augmentation. L’identification des facteurs de risque modifiables est donc la première étape pour la prévention et la prise en charge de cette maladie. Parmi ceux-ci, il a été montré que l’augmentation de la consommation de boissons sucrées non alcoolisées (BSNA) et de fructose coïncidait avec un doublement de l’incidence et de la prévalence de la goutte au cours des dernières décennies aux Etats-Unis. Or, les recommandations alimentaires actuelles dans le cadre de la goutte se limitent à une restriction des apports en purine et en alcool mais ne mentionnent pas les apports en BSNA. Si ces dernières ne contiennent que des taux faibles en purine, elles sont très riches en fructose, seul hydrate de carbone connu pour augmenter les taux d’acide urique. Cependant, on ne sait pas à l’heure actuelle si l’élévation aiguë de l’uricémie après ingestion de fructose a un effet suffisamment durable et significatif pour influer sur le risque de crises de goutte.

Une équipe de Vancouver a donc entrepris une étude prospective afin d’évaluer la relation entre les apports en BSNA et en fructose et l’incidence de la goutte dans une cohorte de 46 393 hommes, professionnels de santé, sans antécédents de goutte. Le suivi moyen de l’étude a été de 12 ans, pendant lesquels des questionnaires ont été régulièrement remplis sur les apports en BSNA et en fructose. Les crises de goutte ont été diagnostiquées selon les critères de l’ACR (American College of Rheumatology).

Au cours des 12 années de suivi, 755 cas confirmés de goutte ont été rapportés et l’augmentation des apports en BSNA a été associée à une augmentation du risque de goutte. Par rapport à une consommation moyenne de BSNA inférieure à une boisson par mois, le risque relatif multivarié de goutte pour une consommation moyenne de 5-6 boissons par semaine était de 1,29 (intervalle de confiance à 95 % IC à 95 % : 1,00 – 1,68), de 1,45 pour une consommation moyenne de 1 boisson par jour (IC à 95 % : 1,02 – 2,08) et de 1,85 pour une consommation moyenne d’au moins deux boissons par jour (IC à 95 % : 1,08 – 3,16 ; p de la tendance = 0,002). En revanche les boissons non alcoolisées diététiques (allégées en sucre) n’avaient pas d’influence sur le risque de goutte (p = 0,99).

Ces données prospectives montrent que la consommation de boissons sucrées non alcoolisées est fortement associée à une augmentation du risque de goutte. Il en est de même pour les fruits et les jus de fruits riches en fructose. Ceci devrait donc inciter à ajouter à la liste des aliments déconseillés ceux riches en fructose et les boissons riches en sucre. Dr Khodor Chatila

Choi H-K et coll. : Soft drinks, fructose consumption, and the risk of gout in men: prospective cohort study." BMJ 2008 ; 336 : 309-12. en ligne avant publication le 31 janvier, BMJ, doi:10.1136/bmj.39449.819271.BE.


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