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Le médecin malade
Docteur Marc BIENCOURT - Docteur Bertrand LERICHE - Docteur Jean-Claude MOULARD
Dans sa thèse* consacrée à l’état de santé de médecins libéraux de l’Ile de France, Laurence Gillard fait les constats suivants :Elle en déduit que, si le médecin se considère comme un patient banal, en fait :- il exprime un très fort besoin de soutien psychologique, ceci dès l’installation (appréhension, insuffisance de préparation à cette nouvelle vie) - il est paradoxalement réticent à exposer à un confrère son état de fatigue ou de détresse- il recherche l’anonymat dès que l’affection est grave- et en fin de compte, résultant d’un véritable fonctionnement en vase clos, il se retrouve le plus souvent sans interlocuteur .
- les médecins respectent très bien dans l’ensemble les recommandations en matière de santé, mais ils n’ont pas d’interlocuteur. Cette solitude est responsable de l’idée médiocre qu’ils se font de leur état de santé et de la multiplication des examens complémentaires
- 90% n’ont pas de médecin traitant
- 86% se prescrivent leur traitement psychotrope
- 31% ressentent le besoin d’un soutien psychologique
Effectivement, le caractère principal du médecin malade, est que, plus qu’un malade habituel, il refuse la réalité de ses symptômes et d’emblée minimise son ressenti. Lorsque la pathologie s’impose réellement, le déni reste encore effectif et c’est l’entourage familial ou confraternel qui le plus souvent intervient bien trop tardivement.
La situation est différente selon la pathologie et selon le fait accidentel, reste que le médecin malade est souvent un malade grave, car sa prise en charge tardive intervient sur des pathologies déjà très évoluées.
Les relations avec les confrères traitants, les structures hospitalières, sont parfois difficiles car le médecin ne peut s’empêcher d’analyser sa maladie et perturber en les influençant les procédures de prise en charge.
Texte complet : le rapport de la Commission nationale permanente (CNOM) [Lire] (pdf)
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