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DOSSIER DE PRESSE

Campagne de prévention sur les hépatites virales

(25 juin au 8 juillet 2007)

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 


SID’AVENTURE

Pdt :Jean-Michel JOBART

33 rue François Isautier

BP 196

97455 St-Pierre Cedex

Tél  : 0262.25.80.81  

Fax : 0262.25.12.79

sida.venture@wanadoo.fr

www.sidaventure.org

 

ARPS

Pdt : Dr Alain DOMERCQ

11 bis rue Saint Jacques

97400 St-Denis

Tél  : 0262.21.88.77  

Fax : 0262.94.12.60

arps@wanadoo.fr

www.arps-info.com

 

 

RIVE

Pdte : Dr Catherine GAUD

11 rue du Four à Chaux 

St-Denis

Tél : 0262.20.28.56

Fax : 0262.94.14.48

asso.rive@wanadoo.f

 


Contacts Presse :

Simone Hillebrand (0692-146674) / Marie-Laure Veyrat (0692-626000)

Bureau : 0262-941247     GSM : 0692-821338


 

 

 

INTRODUCTION

 

Pour cette deuxième campagne de l’année 2007, les trois associations de lutte contre le SIDA (ARPS, RIVE et Sid’Aventure) ont choisi de communiquer sur les hépatites virales. A cet effet, nous avons travaillé en partenariat avec des gastro-entérologues du réseau RESOVIR, spécialistes de la prise en charge des hépatites virales.

 

Dans notre département, c’est la première fois qu’une campagne grand public porte sur la prévention de ces infections qui malgré leur potentielle gravité sont très mal connues par les réunionnais.

 

Ces pathologies affectent le foie, un organe vital aux multiples fonctions. En cas de contamination, elles peuvent rester silencieuses pendant des dizaines d’années sans apparition de symptômes. Leurs diagnostics tardifs et la sévérité de la maladie peuvent être responsables d’une cirrhose ou d’un cancer du foie. Il est donc important de pouvoir les découvrir assez tôt pour réagir.

 

En France, on estime à 300 000 le nombre de porteurs de l'hépatite B, soit 0,68 % de la population française.

Dans la zone, notamment à Mayotte, aux Comores et à Madagascar, on sait que cette prévalence est bien supérieure. A Mayotte, les collectes de sang ont même dû être arrêtées car trop de lots étaient contaminés par ce virus.

Le nombre de personnes atteintes par l'hépatite C est également très important, la plupart des porteurs ignorant leur état en l'absence de dépistage.

A titre d'exemple, on trouve à la Réunion trois fois plus de séropositifs pour
l'hépatite C que pour le VIH dans les centres de dépistage anonyme et gratuit.

 

La prise en charge des hépatites est un enjeu important de santé publique. Elle varie en fonction de très nombreux critères, parmi lesquels notamment le type de virus. Des traitements existent, souvent très efficaces, pouvant même amener une guérison complète pour l'hépatite C.

 

Le message de notre campagne est simple : ces hépatites existent, elle peuvent être très graves et on peut en être porteur sans le savoir. Pour en avoir le cœur net, renseignez-vous auprès de votre médecin. Il ne faut pas oublier qu’une simple prise de sang permet aux personnes à risque de savoir si elles sont atteintes ou pas.

 

 

Comme pour chaque campagne, plusieurs supports ont été retenus :

 

-          un spot de prévention télé

-          un spot radio (en quatre versions : français, créole, malgache, comorien)

-          un visuel

-          le RIVAGE, le journal des associations de lutte contre le SIDA

 

 

 


PRESENTATION DE LA CAMPAGNE

 

Pour cette première campagne sur les hépatites virales, il était important pour nous d’informer le grand public sur la gravité de ces infections très mal connues, qui restent souvent inaperçues, car sans symptômes pendant de longues années. Notre communication se construit autour de trois messages clés :

 

Sans prise en charge adaptée, ces infections peuvent être très graves.

Vous pouvez en être porteur sans le savoir.

Renseignez-vous auprès de votre médecin.

 

Notre objectif est d’interpeller les réunionnais afin qu’ils deviennent acteur de leur santé en demandant conseil à leur médecin. Celui-ci pourra ensuite analyser au cas par cas la situation particulière de ses patients : Mon patient fait-il partie de la population à risque pour l’une ou plusieurs des hépatites virales ? Faut-il l’orienter vers un dépistage ? Où en est-il par rapport au vaccin contre l’hépatite B ? Au cas où mon patient est atteint, quel examen supplémentaire est à effecteur ? Faut-il l’orienter vers un spécialiste ?...

 

 

LE VISUEL

 

Selon la logique du Scrabble, plusieurs mots se construisent autour
des mots HEPATITES VIRALES : MORT, DEPISTAGE, TRAITEMENT et REAGIR.

 

Un texte explicatif souligne le fait que ces infections passent souvent inaperçues d’où leur danger.

 

Pour en avoir le cœur net, il est indispensable de demander conseil à son médecin.

 

 

SPOT TELE

 

Le spot télé reprend l’idée du visuel. Au fur et à mesure, les pions affichant les différents mots (Hépatites virales, Dépistage, Traitement, Mort et Réagir) apparaissent sur un fond noir. Le dernier mot Réagir est posé par différentes mains. Un texte en créole accompagne cette mise en scène.

 

Hépatit viral sa maladies y attak le foi.

Riskab, li lé dan out kor depui un bon bout temp et ou voi pa rien.

Mé médicamen y exist pou set les plus grav’.

Si ou fé pa soign a ou, li va mange out l’intérieur.
Et pi, ou peu gagn un cirrhose, ou mêm un cancer lo foie.

 

Jouez pa ek zot santé.

Peut-et zot néna virus l’hépatit san konnait.

Cos avek docter, a li même va dir kossa i fau fé.

 

 

 

 

 

SPOT RADIO

 

Sous forme de dialogue, le spot radio reprend les idées clés de notre communication.

 

Personne A :

Dis, t’étais au courant qu’on pouvait être atteint d’une hépatite virale
sans le savoir ?

Personne B :

Non, ce n’est pas possible…

Personne A :

Ah si, ces infections ne donnent souvent aucun symptôme sur plusieurs années.
Mais pendant ce temps-là, le virus de l’hépatite attaque le foie. Et sans traitement, ces maladies peuvent avoir de lourdes conséquences, comme une cirrhose ou un cancer du foie.

Personne B :

Mais comment savoir si je suis concerné?

Personne A :

Parles-en à ton médecin !

C’est le mieux placé pour te renseigner.

 

Une campagne proposée par RIVE, Sid’Aventure et l’ARPS, avec le soutien du Ministère de l’Outre Mer, de la DRASS, de la CGSS et du Département.

 

Ce spot a été traduit en créole, en malgache et en comorien. Ces quatre versions sont diffusées en alternance sur plusieurs radios de notre département.

 

Nos îles avoisinantes étant lourdement touchées par les hépatites virales, la traduction en malgache et en comorien est pour nous un moyen de nous adresser directement, à travers leurs langues maternelles, à une grande partie de la population migrante de notre île. C’est une forme d’ouverture, une expression du métissage qui fait la spécificité de notre île.

 

 

Dispositif de la campagne

 

Le spot de prévention télé est diffusé sur RFO et Antenne Réunion du 25 juin au
8 juillet.

 

Les quatre versions du spot de prévention radio sont diffusées du 25 juin au
8 juillet sur RFO Réunion, Festival, Chérie FM, Radio Arc-en-Ciel, Radio Pikan, Radio Soleil et KOI FM.

 

Le visuel de la campagne paraît dans le Téléjournal, le Femme Magazine, BELLE, Star Top TV et Infos Réunion.

 

Le RIVAGE est encarté dans le Journal de l’île le 26 juin 2007. 6 000 exemplaires supplémentaires sont distribués par les associations de lutte contre le SIDA.

 

Le RIVAGE ainsi que des affiches (40 x 60) sont envoyés à l’ensemble des médecins généralistes, aux gastro-entérologues, aux pharmacies, aux collèges et lycées et à différentes associations dans notre département.

 


 

Les virus des hépatites virales

De minuscules envahisseurs pour de grands maux

 

 

Les hépatites virales sont des maladies fréquentes et pourtant très mal connues, provoquées par des virus. Elles affectent le foie, un organe vital aux multiples fonctions.

En cas de contamination, elles peuvent rester silencieuses pendant des dizaines d'années sans apparition de symptômes. Leurs diagnostics tardifs et la sévérité de la maladie peuvent être responsables d'une cirrhose ou d'un cancer du foie. Il est donc important de pouvoir les découvrir assez tôt pour réagir. Un dépistage précoce permet une prise en charge médicale et un traitement adapté.

 

Pour mieux cerner ces affections, il est utile de comprendre l'importance du rôle du foie dans notre métabolisme. De coloration rougeâtre car gorgé de sang, le foie est la plus grosse glande du corps humain. Son poids varie entre 1,4 kg et 1,6 kg. Il est situé dans la partie droite de l'abdomen sous les dernières côtes qui le protègent d'éventuels traumatismes. Il est constitué de deux lobes.

 

 

Le foie, un organe vital

 

Les rôles du foie sont multiples et vitaux. Une de ses fonctions principales est de contribuer à la digestion en produisant des enzymes digestives. Il aide ainsi l'organisme à digérer les graisses en sécrétant de la bile. Il participe au stockage des vitamines et produit des substances protectrices et anti-toxiques. Il fabrique les protéines dont l'organisme a besoin. Il constitue un stock important de sucre (glucides). Il régule le stock de cholestérol. Il participe à l'élaboration de certaines hormones. Il collabore aussi avec le système immunitaire pour combattre des cellules ou substances menaçantes. Il intervient dans notre métabolisme en filtrant et en transformant les produits toxiques que nous mangeons, buvons et même respirons, de façon à les rendre inoffensifs. Il fonctionne comme une véritable usine de traitement des toxiques (alcool, médicaments, champignons...). Le sang lui parvient de deux systèmes : le premier, artériel, pour 1/3 de l'apport et l'autre appelé « système porte», fait d'un réseau vasculaire venant de l'intestin. Ainsi, les nutriments lui sont directement apportés pour qu'il joue son rôle.

Le foie peut être la cible de nombreux ennemis : les maladies virales, les maladies vasculaires, les désordres métaboliques, les atteintes toxiques (alcool, médicaments, plantes et champignons). Il souffre aussi des infections bactériennes dues, par exemple, à une stagnation de la bile suite à des calculs. Dans les cas les plus graves, il peut être atteint par les maladies cancéreuses originaires du foie lui-même ou parce qu'une tumeur maligne de l'organisme métastase en son sein.

 

Toutes ces affections peuvent entraîner un disfonctionnement du foie. Elles peuvent se manifester par différents symptômes dont les plus courants sont : la fatigue, les troubles rénaux, les irruptions cutanées, les démangeaisons, les troubles sexuels, la jaunisse, l'augmentation de l'abdomen,  l'œdème…

Il existe au moins 7 sortes d'hépatites virales. D'autres virus, moins spécifiques du foie peuvent aussi l'infecter ; c'est le cas du virus de l'herpès, par exemple. Les hépatites virales les plus fréquentes sont les hépatites A, B et C.

L'hépatite A

 

L'hépatite A passe le plus souvent inaperçue. Le virus se transmet principalement par l'ingestion d'eau ou d'aliments souillés par des matières fécales qui contiennent le virus. Celui-ci est en effet éliminé dans les selles. Une mauvaise hygiène favorise alors la transmission de la maladie. Dans certaines régions et pays où il n'existe pas de système de traitement des eaux usées efficace, le risque de contamination est élevé.

 

Dans nos pays, où le niveau d'hygiène s'est amélioré depuis ces 50 dernières années, la fréquence de cette maladie a nettement diminué. L'infection est sans danger dans presque 90% des cas. Pour les 10% restant, l'hépatite est très symptomatique allant de la fièvre, douleur au foie,  nausées, démangeaisons, vomissements, jaunisse (ictère) accompagnée d'une intense fatigue, à l'hépatite fulminante. Dans ce dernier cas, le foie est décimé par le virus et ne fonctionne plus, ce qui, en l'absence de greffe hépatique conduit au décès. L'hépatite A ne passe jamais au stade de la chronicité.

Cette hépatite évoluant le plus souvent spontanément vers la guérison sans séquelles, aucun traitement spécifique n'est mis en place. Dans sa phase aiguë, seul le repos, l'arrêt de certains médicaments et l'arrêt de toute boisson alcoolisée sont préconisés.

Il existe toutefois un vaccin contre l'hépatite A qui est recommandé aux voyageurs des zones d'endémies (pays où l'infection est fréquente), avec une immunité efficace de 10 ans.

 

 

L'hépatite B

 

L'hépatite B est une maladie très hétérogène, qui dans la majorité des cas, guérit spontanément. Chez les personnes infectées, elle peut passer inaperçue, donner les symptômes de l'hépatite aiguë (aiguë simple ou fulminante) ou passer au stade de la chronicité. L'évolution et le pronostic de l'hépatite B est variable en fonction de l'âge. Si un nourrisson est contaminé par sa mère, il aura 90% de risque de développer une hépatite chronique. Si un adulte est contaminé, par exemple après un rapport sexuel non protégé, il n'aura que 10% de risque de passer au stade de la chronicité. Le taux de multiplication du virus est étroitement lié à l'état des défenses immunitaires au moment de la contamination.

 

Le mode de contamination peut être de trois sortes : sexuel, de la mère à l'enfant (vertical) ou sanguin (parentéral). La contamination sexuelle peut se faire de l'homme vers la femme et de la femme vers l'homme, sans oublier les rapports entre personnes du même sexe. Le risque est plus élevé avec des partenaires multiples. On retrouve le virus dans le sperme, le sang des règles et les sécrétions vaginales.

La toxicomanie par voie intraveineuse est également une source majeure de contamination dans le monde. Dans de nombreux pays, les usagers  de drogue n’ont malheureusement pas recours à l’usage de matériel personnel et jetable. L'utilisation de seringues à usage unique a réduit fortement les nouveaux cas d'infection. On déplore cependant une contamination par voie nasale avec l'usage de la paille pour « sniffer ». Les plaies ou sécrétions du nez peuvent expliquer ce mode de transmission.

Certaines personnes sont plus exposées que d'autres, notamment le personnel médical lors de l'utilisation de matériel mal désinfecté. Les hémodialysés et les personnes ayant subi des interventions de chirurgie, des endoscopies, biopsies, anesthésies sont aussi à risque.

En cas de transfusion ou de greffe, le dépistage du VHB est aujourd'hui systématique, il n'y a donc aucun risque. Ce n'est pas le cas des personnes ayant subi ces interventions avant 1992, où les recherches ne permettaient pas de détecter le sang contaminé. Le dépistage est aujourd'hui systématique chez la femme enceinte.

Il faut savoir que l'hépatite B pose trois problèmes principaux.

Le premier est la chronicité. Si un individu fait une hépatite aiguë et qu'il n'en guérit pas, il développera une hépatite chronique, généralement sans aucun symptôme ou plus rarement avec une fatigue inhabituelle ou des lésions de la peau.

 

Cette hépatite chronique peut ensuite évoluer vers une cirrhose, qui, à terme, peut elle-même conduire à une insuffisance hépatique et au décès en l'absence de prise en charge.

Le deuxième problème est que, durant toute la phase asymptomatique, le sujet peut ignorer qu'il est porteur du virus de l'hépatite B et être potentiellement contaminant.

Enfin, le troisième problème est qu'un sujet, même s'il guérit spontanément, aura un risque supérieur d'avoir un cancer du foie (hépatocarcinome). Pour certains sujets, les traitements (voir page 6) ne permettent pas de se débarrasser du virus, mais juste de limiter les lésions hépatiques en agissant sur la multiplication du virus.

Il existe un vaccin contre l'hépatite B qui est fortement préconisé pour éviter toute contamination et propagation du virus.

 

 

Hépatite B : quelques chiffres

 

On pense qu'il existe dans le monde 350 millions de porteurs chroniques de l'hépatite B. La répartition de la maladie est inégale.

L'hépatite B est plus fréquente en Afrique sub-saharienne, en Asie du Sud-Est, en Chine méridionale et dans le bassin amazonien (8 à 20 %). Elle est de fréquence intermédiaire au Proche-Orient, en Amérique centrale et du Sud, en Asie centrale, dans le sous-continent indien, dans certains pays de l'Europe du Sud et de l'Est (2 à 7 %). Elle est de faible fréquence en Europe de l'Ouest et du Nord, en Amérique du Nord, en Australie (<2 %). La France fait partie des pays de faible endémie.

Les résultats d'une enquête nationale réalisée en 2003-2004 par l'Institut de Veille Sanitaire (InVS), en France métropolitaine, estiment à 0,65 % la prévalence (fréquence d'une maladie dans une population donnée) du portage chronique du VHB dans la population adulte âgée de 18 à 80 ans (soit environ 280 000 porteurs chroniques). Diverses études réalisées dans les années 1990 avaient évalué cette prévalence entre 0,2 % et 0,5 % dans la population adulte. Elle avait alors probablement été sous-estimée.

On estime que les chiffres pour La Réunion sont similaires à la Métropole, en prenant en compte les populations migrantes de la zone Océan Indien, qui elles, sont assez touchées.

Le taux de portage chronique varie dans des proportions importantes, selon les régions et les populations concernées, avec des risques d'exposition majorés pour certaines personnes. Par ailleurs, selon une étude Inserm menée en 2001, environ 1 300 décès seraient directement imputables chaque année en France à une pathologie liée au VHB.

 

 

 

 

 

Le point sur le vaccin du VHB

 

Ce vaccin avait été soupçonné d'induire des maladies neurologiques. Il n'existe à ce jour aucune preuve qu'il ait entraîné de telles pathologies. Voici un extrait de l'Avis du Comité Technique des Vaccinations et du Conseil Supérieur d'Hygiène Publique de France section maladies transmissibles concernant la vaccination contre l'hépatite virale B publié en 2004 :

“ Il semble indispensable de rappeler quelques points clés concernant la vaccination contre le virus de l'hépatite B (VHB). Au début des années 90, les experts internationaux réunis par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont considéré qu'il n'était pas possible d'espérer une élimination de l'infection à VHB en ne vaccinant que les sujets exposés à ce risque  (professionnels de santé, hémodialysés chroniques, usagers de drogues par voie intraveineuse, sujets ayant des partenaires sexuels multiples,...). Il a donc été recommandé, y compris dans les pays à faible niveau d'endémicité, de recourir à la vaccination de tous les enfants bien que cette population soit, à l'évidence dans ces pays, très peu exposée au risque d'infection à VHB en dehors de la transmission mère-enfant. La justification de ce choix reposait sur l'efficacité maximale du vaccin à cette période de la vie, sur la protection apportée, de longue durée, et enfin sur la facilité d'intégration de cette vaccination dans le calendrier vaccinal. La stratégie ainsi mise en oeuvre devait permettre à l'ensemble des enfants d'être protégés lorsqu'ils arriveraient à l'âge des premières expositions au risque, soit environ 13 ans. La campagne de vaccination en milieu scolaire des pré-adolescents entrant au collège dont l'âge se situait entre 11 et 13 ans s'est ensuite associée à une recommandation forte de vaccination systématique des nourrissons. Cette politique relative aux nourrissons était d'autant plus justifiée que les données immunologiques ont permis de diminuer le nombre de doses et de supprimer les rappels tardifs en montrant que ce schéma simplifié pouvait probablement protéger toute la vie. "

 

 

L'hépatite C

 

L'hépatite C est un virus à transmission sanguine, qui ne peut donc se transmettre que par un contact avec du sang contaminé. La transmission sexuelle existe, mais est très faible, car le virus est présent dans le sang des règles des femmes infectées, mais pas dans les sécrétions vaginales ni dans le sperme. La transmission de la mère à l'enfant est d'environ 3% et a lieu au moment de l'accouchement. L'allaitement n'est pas contre-indiqué.

Le risque de contamination par le virus concerne toute personne dont le sang a pu entrer en contact, directement ou indirectement, avec le sang d'une personne infectée. Cette contamination peut remonter dans un passé lointain, des dizaines d'années pour certains. Il est donc primordial de se faire dépister en cas de doute car cette infection peut rester silencieuse, c'est-à-dire sans aucun symptôme.

 

Les personnes à risques sont très clairement identifiées et peuvent être orientées vers un dépistage afin de réagir très vite en cas d'infection.

- Les usagers de drogue (actuels ou anciens) par voie intraveineuse ou pernasale, dès lors qu'il y a usage commun du matériel (seringue ou paille).

- Les personnes incarcérées ou l'ayant été, dès lors qu'il y a échange de matériel coupant ou souillé.

- Les professions exposées, notamment les professions de santé, par transmission nosocomiale (insuffisante des règles d'hygiène des méthodes de soin).

- Toutes les personnes ayant été hémodialysées ou ayant reçu des soins : chirurgie, endoscopie, biopsie, anesthésie…

- Les personnes ayant subi des actes non médicaux tels que les tatouages ou les piercing, en cas de désinfection insuffisante. Les personnes pratiquant l'acupuncture ou la mésothérapie avec le risque d'utilisation d'aiguilles ou de matériel qui n'est pas à usage unique.

- Toute personne ayant été transfusée ou subit une greffe avant 1992. À l'époque, la recherche de transminases ou d'anticorps liée aux hépatites n'était pas automatique et le sang pouvait être contaminé par les virus des hépatites.

- Toute personne ayant reçu des soins dans des pays d'endémie ou dépourvus d'un système d'hygiène adapté sont aussi concernées.

 

La vitesse d'évolution et la gravité de la maladie sont très variables. Deux phases sont possibles : aiguë et chronique. Dans 50% des cas, l'hépatite C aiguë, qui est dans la grande majorité des cas asymptomatique, passe au stade de la chronicité. Au fil des années, elle évolue discrètement vers la cirrhose. La personne infectée ne ressent rien, ni fièvre, ni douleur. Il est donc très important de se faire dépister avant que la ne maladie s'aggrave.

Dans les autres cas, l'hépatite peut se traduire par de la fatigue, de la fièvre, des douleurs articulaires, plus rarement une jaunisse.

 

Le traitement de l'hépatite C est aujourd'hui possible et peut évoluer vers une guérison. Sous forme de médicaments ou par injection, les traitements existent mais leur tolérance est parfois difficile et leur efficacité inégale en fonction du type de virus dont on est atteint (et oui, il y a 6 types !). À l'inverse de l'hépatite B, aucun vaccin n'existe.

 

Un sujet détecté positif doit dans un premier temps faire deux tests simples qui permettent de distinguer les sujets guéris, les sujets nécessitant une simple surveillance et les patients chez qui une ponction biopsie hépatique est indiquée. Les indications de traitement dépendent alors du résultat de la ponction. La détermination du génotype est utile pour évaluer les chances de réponse, définir les modalités de traitement, notamment sa durée.

La guérison ne protège malheureusement pas d'une ré-infection. Les défenses immunitaires largement sollicitées diminuent les chances de réussite en cas d'infection avec un autre virus. C'est le cas des porteurs du VIH. L’hépatite peut évoluer plus rapidement et certains médicaments contre le VIH peuvent se montrer plus toxiques. En France, on estime qu’environ une personne séropositive au VIH sur trois a aussi le virus de l’hépatite C.

 

 

Hépatite C : quelques chiffres

 

En 1994, on estimait qu'en France, environ 500 000 personnes étaient porteuses du virus de l'hépatite C. L'Organisation Mondiale de la Santé avance le chiffre de quelques 170 millions de sujets qui seraient au total touchés par le VHC dans le monde. C'est environ 3% de la population mondiale. On estime entre 3 à 4 millions le nombre de nouvelles contaminations par an. La prévalence en Europe est autour de 1 % pour atteindre 5,3 % pour l'Afrique. A La Réunion, le résultat des dépistages est inquiétant : le VHC concerne environ trois fois plus de personnes que le VIH.

 

 

Hépatites virales : Les populations à risque

 

Pour savoir si l’on fait partie des populations à risque , il est nécessaire de se poser les questions suivantes :

 

Hépatite A

 

          Ai-je consommé de l'eau de provenance inconnue ?

          Ai-je consommé des produits ayant été lavés avec de l'eau de provenance inconnue ?

          Ai-je consommé des aliments pouvant être souillés

par des matières fécales ?

 

 

Hépatite B

 

          Ai-je un comportement sexuel à risque ?

Des rapports sans préservatif en cas de partenaires multiples, des rapports sans préservatif pendant les règles ou en cas de lésions génitales.

          Est-ce que je viens d'un pays où la maladie est fréquente ?

          Ai-je utilisé, même une fois, même si il y a très longtemps, une drogue par voie intraveineuse ou nasale ?

          Suis-je exposé, dans le cadre de ma profession

ou le cadre familial au virus de l'hépatite B ?

 

 

Hépatite C

 

          Ai-je subi une intervention chirurgicale importante,

été hospitalisé en réanimation, eu une hémorragie digestive, un accouchement difficile, reçu des soins

en néonatalogie, en pédiatrie pour une maladie grave

avant 1992 ?

          Ai-je subi une transfusion sanguine ou dérivée,

une greffe avant 1992 ?

          Ai-je été hémodialysé ?

          Ai-je utilisé, même une fois, même si il y a très longtemps, une drogue par voie intraveineuse ou nasale ?

          Ai-je été incarcéré ?

          Ai-je reçu des soins dans les pays du Sud-est asiatique,

du Moyen-Orient, d'Afrique ou d'Amérique du Sud ?

          Suis-je exposé, dans le cadre de ma profession

ou le cadre familial au virus de l'hépatite C ?

          Ai-je eu recours au tatouage, au piercing, à la mésothérapie ou à l'acupuncture sans aiguilles jetables ou personnelles ?

 

Si vous répondez OUI à l'une de ces questions, parlez-en à votre médecin traitant qui pourra vous orienter vers un dépistage.

 

 

 

 

Hépatites virales : Les traitements

 

En cas d'infection, il est recommandé pour toutes les personnes atteintes d'une hépatite, de prendre du repos, d'arrêter certains médicaments selon les conseils de votre médecin. Il est important de stopper toute boisson alcoolisée, véritable facteur aggravant. L'alcool est toxique à tous les stades de l'évolution de l'hépatite et augmente considérablement le risque de cirrhose.

 

 

Hépatite A

 

Il n'existe pas de traitement spécifique pour l'hépatite A, cette maladie évoluant le plus souvent spontanément vers la guérison.

 

 

Hépatite B

 

Seule l'hépatite B chronique active est traitée par des médicaments spécifiques.

Jusqu'en 2002, uniquement deux molécules étaient disponibles :

- l'interféron qui aide à améliorer la réponse immunitaire de l'organisme au virus

- la lamivudine qui agit directement sur le virus de l'hépatite B pour empêcher sa reproduction dans le corps.

Les avantages du traitement par l'interféron sont une réponse virologique durable lorsqu'elle a été obtenue et peu de risque de résistance. Les inconvénients sont des injections sous cutanées, de fréquents effets indésirables (un syndrome pseudo-grippal associant fièvre, douleurs musculaires et maux de tête, asthénie, irritabilité, parfois des troubles dépressifs, baisse des globules blancs et des plaquettes). Les symptômes peuvent toutefois revenir lorsque les médicaments sont arrêtés. Certaines personnes ont développé une résistance aux médicaments avec l'utilisation de lamivudine. La résistance aux médicaments signifie que le virus a développé des techniques de survie, diminuant ainsi l'efficacité du médicament.

Ces dernières années, de nouvelles molécules, plus efficaces et ne posant pas le problème de l'émergence de résistances, ont été mises sur le marché : C'est le cas de l'Adéfovir en 2002, et de l'Entécavir en 2006. Une bonne nouvelle pour les patients atteints de l'hépatite B, d'autres molécules sont actuellement en phase d'essai et devront être commercialisées dans les années à venir.

Le choix du traitement de l'hépatite B chronique doit prendre en compte les avantages et les inconvénients des molécules disponibles sur le marché.

 

 

Hépatite C

 

L'hépathite C chronique est traitée par la bithérapie associant l'Interferon pégylé et la Ribavirine. Ce traitement vise à éliminer le virus. Cette association de médicaments permet d'obtenir une réponse prolongée chez environ la moitié des patients traités pour la première fois, dits patients naïfs. La durée du traitement peut varier de 6 mois à 1 an. Le traitement peut toutefois être adapté selon la résistance à l'interféron pégylé seul ou à l'interféron standard ou à la ribavirine en monothérapie.

 

 

 

 

Quelques règles d'hygiène élémentaires

 

Attention : les virus des hépatites virales peuvent survivre à l’air libre jusqu’à 7 jours.

 

• Se laver les mains régulièrement en particulier avant la préparation des repas.

• Ne pas consommer d'eau de provenance inconnue mais de préférence de l'eau minérale et en bouteille fermée dans les zones d'endémie.

• Utiliser du matériel neuf et personnel pour toute utilisation de drogue par injection ou pernasale. Ne pas prêter ni échanger seringue, aiguille, coton, cuillère, cupule, filtre, paille, produit, eau…

• Respecter la réglementation et les recommandations en matière de désinfection, décontamination, stérilisation du matériel médical.

• Ne pas partager les objets de toilette pouvant être au contact de sang comme le rasoir, les ciseaux à ongles, la brosse à dents ou le matériel d'épilation.

• En cas de coupure ou plaie cutanée, nettoyer, désinfecter puis recouvrir largement avec un pansement.

• Dans le cadre d'une vie sexuelle stable, l'utilisation d'un préservatif est recommandée en cas de rapport pendant les règles, de lésions des organes génitaux ou d'infection (herpès) d'un des partenaires.

• En cas de rapports sexuels avec des partenaires multiples, l'utilisation d'un préservatif est fortement recommandée.

• Porter des gants pour tout contact direct avec le sang d'une personne porteuse ou non d'un virus.

• Placer les objets souillés dans un récipient fermé ou protecteur.

• En cas d'infection, informer les personnels de santé avant de recevoir des soins.

 

 


PRESENTATION DES ASSOCIATIONS

 

L’ARPS, créée en 1988 à l’apparition des premiers cas SIDA à la Réunion, a pour mission principale la prévention du SIDA, la diffusion de l’information et de l’éducation sanitaire. Ces dernières années, l’association a étendu son champ d’intervention et de compétence à l’ensemble des risques liés à la sexualité (Infections Sexuellement Transmissibles, prévention des grossesses non désirées) et à l’usage des drogues.

L’ARPS accueille le public au siège de l’association, 11 bis rue St-Jacques à St-Denis. Le local est équipé de trois postes Cyber en libre accès. Il possède un fond documentaire (revues périodiques, journaux, dossiers documentaires thématiques, livres, cassettes vidéo, affiches, dépliants, brochures et tracts) en libre accès et une bibliothèque spécialisée. L’association peut mettre du matériel de prévention et d’information à disposition d’associations ou d’enseignants.

L’association conçoit et adapte des brochures de prévention. Tout au long de l’année, des animateurs de prévention ainsi que des bénévoles effectuent des séances d’informations dans tout type de structure qui en fait la demande ou au siège de l’association. L’ARPS participe à des actions ponctuelles de prévention lors de forums de santé ou de manifestations culturelles.

 

RIVE a été créée en 1994 par un patient séropositif pour soutenir, écouter et aider les personnes vivant avec le VIH/SIDA. L’objectif de RIVE était d’aménager l’espace de vie des patients jusqu’à leur mort et de leur permettre de mieux aborder celle-ci.

L’amélioration du pronostic vital liée à l’arrivée des polythérapies en 1996 a peu à peu transformé RIVE en une association d’accompagnement à la vie avec pour axes principaux : la lutte contre l’exclusion et la stigmatisation, le soutien ainsi que la réinsertion sociale et professionnelle.

Petit à petit, il est apparu important que l’association puisse prendre en charge les pathologies reliées au VIH telles que les conduites addictives, l’infection par le VHC (Hépatite C) et plus récemment, étant donné la recrudescence de celles-ci, les autres IST.

Enfin, l’afflux de patients venant des îles avoisinantes, le constat intolérable des disparités flagrantes existant au niveau de l’accès aux soins dans la zone, ont également conduit l’association à étendre ses actions vers l’ensemble des îles de l’Océan Indien créant en octobre 2003, RIVE OCEAN INDIEN.

 

SID’AVENTURE. Créée en 1996 par la volonté d’un groupe de bénévoles qui militaient pour la lutte contre le SIDA, l’association Sid’Aventure articule son activité autour de deux principaux pôles d’action : le soutien aux patients et à leurs proches, et la prévention de risque de contamination par le VIH/SIDA, le VHB (l’hépatite B) et le VHC. Ces dernières années, le champ d’action de l’association s’est élargi à l’information et à l’éducation, à la sexualité et aux moyens de contraception. Les activités de prévention et de soutien aux patients ont connu un rythme très soutenu et ceci grâce à une formation spécifique des intervenants. Le public sourd et malentendant peut également être conseillé par les agents de prévention. La qualité des sessions de prévention a conduit le rectorat à accorder son agrément à Sid’Aventure.

À ce jour, l’association poursuit sa mission avec sa soixantaine de bénévoles et ses trois permanents grâce auxquels près de 4000 personnes par an peuvent suivre une prévention sur le risque de contamination par le VIH. Par an, quelque 1500 petits-déjeuners et repas sont partagés avec les patients à l’hôpital et à l’association.

 

REMERCIEMENTS

 

L’ARPS, Sid‘Aventure et RIVE tiennent à remercier leurs bailleurs de fonds (CGSS, CONSEIL GENERAL, DRASS, Ministère de l’Outre-Mer) et tous leurs partenaires ainsi que l’ensemble des médias.

 

 

 

Un grand merci à tous

 



            

 

 

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