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UN RAPIDE RETOUR DU CONGRES DE VIENNE 2010
Dr Catherine Gaud
Du 18 au 23 juillet 2010 , s'est tenu le XVIII congrès mondial de lutte contre le sida AIDS 2010 .
Ce congrès a réuni 20 000 soignants, associatifs, institutionnels, politiques du monde entier avec une forte présence des pays de l'Europe de l'Est qui connaissent un regain de l'infection lié à une forte augmentation de la toxicomanie intraveineuse.
Les principaux points qui ressortent de ce congrès sont :1) une inquiétude majeure sur le financement du fond global en raison de la crise économique et financière.
Si la France a informé qu'elle maintiendrait un financement inchangé, il n'en est pas de même pour plusieurs pays comme l'Italie par exemple. Les couloirs étaient envahis par des congressistes déguisés en robin des bois qui réclamaient une taxe de 0,005 % sur les transactions financières mondiales qui suffiraient à elles seules à pendre en charge toutes les personnes ayant besoin d'un traitement pour le vih dans le monde.
2) La mise en évidence que le traitement antirétroviral est la meilleure prévention de la transmission.
En effet, si individuellement le bénéfice d'un traitement antirétroviral est évident, transformant une maladie constamment mortelle en une infection chronique, au niveau santé publique, le bénéfice est immense puisque la transmission est diminuée de 92 à 99 % selon les études.
Ainsi, si toutes les personnes séropositives du monde étaient, dans un monde idéal, dépistées et traitées, l'épidémie d'infection à VIH s'arrêterait en 2050 et le virus ne serait plus transmis que sur le mode sporadique.
3) On a beaucoup parlé du gel de TENOFOVIR qui diminue la transmission vaginale du VIH de façon significative.
L'essai a été fait en Afrique du Sud, 600 femmes utilisent le gel et 600 autres un gel placebo. L'essai dure 30 mois. Elles ont chaque mois une consultation avec des conseils de prévention : préservatifs, abstinence… Au bout de 30 mois, on note une diminution de plus de 30 % dans le groupe TENOFOVIR atteignant jusqu'à 52 % chez les femmes parfaitement adhérente à l'utilisation du gel.
Ce qui est remarquable, c'est que malgré des conseils rapprochés de prévention, les femmes se contaminent quand même, preuve, si cela était encore nécessaire, (avec les 3 millions de nouvelles contaminations chaque année) que le préservatif seul ne suffit pas.
4) De nombreuses nouvelles molécules ont été présentées.
Actuellement, nous avons des médicaments, pour les nouveaux patients, extrêmement efficaces et dépourvus d'effets secondaires au long cours. Ce qui explique l'élargissement des indications. En effet, le nouveau rapport du groupe d'expert français recommande la mise au traitement de tous les patients dès 500 CD4, quelque soit le taux de charge virale.
5) La recommandation forte du dépistage universel
Le nombre de séropositifs, non suivis, ou ignorant leur statut en France, est estimé à 50 000 et le nombre de nouvelle contamination à environ 7 000/an.
Le pronostic vital est fonction du taux des CD4. Actuellement, le seul taux dont les études prouvent qu'il permet une espérance de vie normale, est celui supérieur à 500 CD4/mm3. Il n'est atteint que chez 52 % des patients traités, la plupart ayant été induit trop tard. En effet, ces patients sont en succès thérapeutique, puisque 83 % ont une charge virale indétectable.
C'est pourquoi, l'HAS, le Conseil National du SIDA recommandent depuis plus d'un an, une proposition de dépistage de toute la population. Après avoir été refusée par la ministre, sauf pour la Guyane, cette dernière s'est déclarée favorable à la proposition de dépistage universel sur tout le territoire français à l'occasion du congrès de Vienne.
6) De plus en plus, le suivi médical doit être partagé entre des généralistes formés et les médecins hospitaliers, afin d'alléger la prise en charge des patients qui vont bien sous traitement.
Ainsi, il faudrait, idéalement, augmenter le nombre de médecins acceptant de suivre des séropositifs, après une formation initiale et une formation continue, dans le cadre du réseau ville hôpital.
Par contre, en raison, notamment du vieillissement, une synthèse hospitalière, au moins annuelle, dans le cadre d'un hôpital de jour est recommandée, faisant le point sur l'affection par le VIH, son traitement, ses complications et les co-morbidités.
Dr Catherine Gaud .
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