UNION REGIONALE DES MEDECINS LIBERAUX DE LA REUNION

INDEXATION GEOGRAPHIQUE

 

Sommaire

 

1.     Etat des lieux de la médecine libérale à la Réunion

2.     Le devenir des médecins libéraux

3.     Les solutions préconisées par la profession

4.     Le coût de l’indexation

 

 

Prologue

 

Malgré les nombreuses relances de la profession, les spécialistes de la santé ne peuvent se faire entendre par les autorités politiques et de la santé.

Devant l'aggravation de la pénurie de spécialistes déjà actuelle et du risque encouru par les patients, en terme de délai de prise en charge de diagnostic et de traitement, nous, les spécialistes, ne voyons d'autres solutions que d'entamer des actions afin d'en avertir le grand public.

 

État des lieux de la médecine libérale

 

1_ La réunion n'arrive plus à recruter suffisamment de nouveaux spécialistes dans le secteur libéral.  

- Cela aggrave la pénurie de médecins libéraux spécialisés déjà existante.

Taux de spécialistes pour 10 000 habitants = 4,5 au lieu de 8,7 en métropole. Il y a donc deux fois moins de spécialistes à la Réunion et il faudrait donc doubler le nombre de spécialistes existants pour donner les mêmes offres de soins à la population.

 

- Cela entraîne progressivement une saturation des hôpitaux principalement des urgences vers lesquels les patients se tournent à défaut d'un rendez-vous rapide chez un spécialiste.

 

- Avec deux inconvénients de santé :

Ø     un surcoût de santé publique : en effet un passage aux urgences c'est au moins 350 euros soit 10 fois plus qu'une consultation spécialisée. De plus, une consultation spécialisée est secondairement souvent nécessaire.

 

Ø     Engorgement des cabinets de spécialité entrainant une détérioration de la qualité des soins avec l’allongement des files d’attente.

 

2_ Les spécialistes déjà installés ont du mal à maintenir les plateaux techniques de pointe indispensables à la pratique d’une médecine moderne. Les actes techniques réalisés ne sont pas indexés alors même qu'ils sont plus onéreux du fait de l’achat de matériel sur la métropole et de l’éloignement du SAV.

De plus, les spécialistes réunionnais ne veulent pas passer en honoraires. 80% des spécialistes sont en secteur conventionné règlementé dans l’intérêt de la population.

 

Donc, nous allons progressivement vers une dégradation de l'offre de soins à la Réunion si cette pénurie n’est pas activement combattue.

 

Pourquoi une indexation ?

 

Il existe une inégalité de traitement des actes médicaux sans raison valable justifiant cette anomalie.

Les actes médicaux

C = consultation généraliste

CS = consultation spécialistes ont une indexation de 20%

 

Les actes techniques par exemple :

-- échographie, exploration cardiovasculaire

-- audiogramme

-- fibroscopie

-- potentiels évoqués auditifs

-- etc

ne bénéficient pas de cette indexation de 20 %.

De même, les actes chirurgicaux réalisés en cliniques sont exclus alors que les établissements privés de santé ont obtenus une indexation de 30 %. Là encore, c'est à terme un surcoût de santé publique car le secteur libéral réalise 80 % de l'activité chirurgicale et si celle-ci devait être réalisée par les hôpitaux, leurs coûts de revient seraient nettement plus élevés ici.

Les dernières statistiques métropolitaines reflètent un surcoût à pathologie équivalente, de 30%pour le secteur hospitalier.

- amygdalectomie : 750 € contre 3300 € en hôpital

 

En encart : indexation géographique :

Coefficient de valorisation des actes médicaux obtenus en compensation des conditions d'exercice spécifique lié à un éloignement outre-mer et à la faible densité médicale.

 

Nous avons donc tous intérêts à maintenir un secteur libéral de qualité.

 

- Les cabinets des spécialistes vont fermer progressivement :

Ø     suite aux nombreux départs à la retraite.
Selon les statistiques fournies pas la CGSS, près de 50% des spécialistes auront 60 ans et plus en 2010.

 

Ø     suite aux difficultés d'exercice professionnel

- maintien des plateaux techniques

- libre choix du praticien

- médecine à deux vitesses et les problèmes éthiques inhérents...

En encart :

Les spécialistes sont confrontés à des difficultés professionnelles plus importantes que leurs collègues métropolitains :

- important surcroît de l'achat de matériel chirurgical de matériel technique audiomètre,  fibroscope...

- du SAV compliqué pour raison d’éloignement

- du coût des fournitures et consommables

- obligation de sortir du département pour la formation médicale continue

 

 

Quelles solutions ?

 

Parmi d'autres moyens qui pourraient être envisagés, la normalisation de l'indexation géographique pour les actes techniques et chirurgicaux est le plus simple à mettre en place, permettant de corriger une anomalie qui perdure depuis plus de 20 ans et d'harmoniser la cotation des actes.

C'est un élément attractif pour l'installation outre-mer de jeunes confrères déjà largement sollicités par la pénurie métropolitaine.

Cela est indispensable au renouvellement des nombreux départs à la retraite : près de 50% des spécialistes auront 60 ans et plus en 2010

 

 

Encart sur la formation d'un spécialiste :

- 6 années d'études souvent 7 / sélection importante imposant souvent de faire une deuxième première année.

- 5 années d'internat

- 2 années d'assistanat

soit dans le meilleur des cas entre 13 et 14 années de formation avant de pouvoir s'installer vers l’âge de 31-32 ans.

 

De plus, les dernières statistiques du Conseil de l’Ordre National montrent que seulement 20% des médecins diplômés s’installent en libéral actuellement.

 

Quel est le coût de cette indexation ?

 

- Pour les patients :

Les actes de chirurgie sont pris en charge à 100 % et les 30 % d'indexation seront à la charge de la CGSS.

Les actes techniques augmentés de 20 % sont également sans incidence sur  les patient CMU et les patients ayant une mutuelle soit 95% de la population.

 

- Pour l'état :

Le nombre peu élevé de spécialistes (350) explique notre difficulté à nous faire entendre mais c'est aussi un avantage dans notre revendication actuelle car le surcoût généré est d'autant moindre qu’il a estimé à environ15 millions d'euros par an soit moins de 20 € /an et par habitant.

 

De plus, les économies faites en maintenant un secteur libéral de qualité et moins coûteux que le secteur public, compenseront largement le surcoût de cette indexation.