UNION REGIONALE DES MEDECINS LIBERAUX DE LA REUNION
Pôles de santé pluridisciplinaires
Des surcoûts à prévoir, selon les URML

Le Quotidien du Médecin du 15/04/2009

Les URML de Bretagne, de Basse-Normandie et des Pays-de-la-Loire, très investis dans la promotion des pôles de santé libéraux ont identifié un certain nombre de surcoûts liés à ces structures. Des réunions régulières, très chronophages pour les professionnels à la nécessaire création du poste de coordinateur de pôle de santé, sans oublier le système d’information partagé, qui suppose un hébergement des données de santé onéreux.

Parmi les 22 URML (Unions régionales des médecins libéraux) métropolitaines, celles de Basse-Normandie, de Bretagne et des Pays-de-la-Loire réalisent depuis plus d’un an un travail en commun sur les nouvelles organisations territoriales de la santé, et notamment les pôles de santé libéraux (ou pôles de santé pluridisciplinaires). Des responsables de ces trois URML (les Drs Antoine Leveneur pour la Basse-Normandie, Benoît Feger pour la Bretagne et Luc Duquesnel pour les Pays de la Loire) ont à cet effet signé en septembre dernier une convention de partenariat dont l’objectif est à la fois de favoriser l'élaboration et la mise en œuvre de projets de santé locaux, d'accompagner les regroupements en les conseillant, et enfin d'aider les recherches de financement.

À la faveur d’une réunion de travail organisée au début du mois, la mise en œuvre des pôles de santé libéraux a été décortiquée. Nos trois responsables expliquent que « plusieurs phases ont été identifiées dans le cadre de la mise en œuvre de ces nouvelles organisations libérales » : tout d’abord l’élaboration du projet, puis la montée en charge et enfin la consolidation. C’est à cette troisième phase, que se sont principalement attachés les participants à la réunion, qui soulignent qu’« à cette occasion, le pôle de santé doit passer à la vitesse supérieure, et se doter d’une organisation plus structurée ». Ce qui suppose, insistent les URML, «des surcoûts inévitables ».

Le premier type de surcoût est lié à la « multiplication des temps de concertation » à l’intérieur des pôles de santé. Il s’agit des réunions hebdomadaires des professionnels de santé travaillant sous le même toit (avec par exemple pour objet l’analyse des situations les plus complexes qui se sont manifestées), de réflexions communes sur la façon d’améliorer la prise en charge partagée. Sans oublier des réunions régulières sur la gestion de la vie du pôle.

Deuxième surcoût identifié par les travaux des URML, la création d’un poste de coordinateur. Ceci paraît devenir inévitable quand cohabitent des professionnels de santé aussi variés que des médecins, des infirmiers, des dentistes, des podologues, des kinés, pas toujours habitués à travailler ensemble dans des structures aussi complexes. Ce coordinateur, qui n’est pas un professionnel de santé, devra notamment avoir des compétences en matière de gestion de projet, et d’administration.

Également à prendre en compte : les surcoûts liés à la mise en place du système d’information partagée, incontournable dans ce type de regroupement de professionnels de santé. Pour être en règle avec la législation, il doit être prévu un dispositif d’hébergement des données de santé, opération financièrement coûteuse. Enfin, les actions de prévention, qui font partie du cahier des charges des pôles pluridisciplinaires, nécessitent également une ligne budgétaire spécifique. Tous ces surcoûts, font valoir les responsables des trois URML, doivent être « pris en compte par les pouvoirs publics ». Que la loi HPST permette des contractualisations entre les pôles de santé et les futures ARS (agences régionales de santé), n’empêchera pas les trois URML de rendre bientôt publique un certain nombre de propositions de financement.

Une prochaine réunion des URML, toujours sur le thème de ces pôles de santé, est d’ores et déjà prévue le 11 juin prochain à Paris.

HENRI DE SAINT ROMAN

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