UNION REGIONALE DES MEDECINS LIBERAUX DE LA REUNION
Des lacunes chez les médecins
CLICANOO.COM | Publié le 17 avril 2009

Dans le cadre d’un programme de recherche de l’ANR, une interne en médecine générale a décidé de mener une thèse entre les mois de mai et juillet 2008 sur la gestion de l’épidémie de chikungunya par les médecins traitants.

Cent généralistes libéraux ont été sondés à travers les quatre coins de l’île pour les besoins de l’étude. “Il ressort qu’il y a une importante différence de perception selon que les médecins ont eux-mêmes été contaminés par le virus ou non”, analyse Émilie Fenetrier, auteur de la thèse.

Par exemple
  • seuls 20,7% des praticiens qui ont contracté le chikungunya estiment que la lutte anti-vectorielle (LAV) a été très efficace alors qu’ils sont 46,5% chez les médecins non contaminés.
  • Ils sont encore 19,7% à considérer les antalgiques très efficaces parmi les généralistes infectés contre 48,3% chez les non infectés.
De manière générale, sur les 100 médecins interrogés, 60% considèrent que la LAV a été peu efficace.
Un sentiment que partagent 71% d’entre eux sur les anti-douleurs.


Plus surprenant, 6% des généralistes jugent la molécule de la chloroquine comme “très efficace” et seulement 46% comme “inutile” alors que les recherches scientifiques ont révélé aujourd’hui son inaction sur le chik. “Les essais sur les primates ont même démontré un effet rebond de la chloroquine sur la virémie”, rappelle Émilie Fenetrier.

Ils sont en outre 7% à estimer que le zamal est très efficace contre cette maladie.

Avec cette thèse, on est également en droit de s’interroger sur la compétence de certains médecins réunionnais.

Ainsi, 39% d’entre eux ne connaissent pas la définition d’une arbovirose (une maladie virale transmise par un moustique).

Quand on leur demande à quelle arbovirose la Réunion est exposée, ils sont 30% à ne pas savoir répondre et 9% à donner des réponses erronées en citant des maladies qui ne sont pas des arboviroses.

“Cette étude montre la nécessité de développer la formation des médecins sur les maladies à transmission vectorielle et les arboviroses, et d’améliorer les moyens d’échanges entre les pouvoirs publics et les médecins”, conclut l’auteur de la thèse

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