UNION REGIONALE DES MEDECINS LIBERAUX DE LA REUNION
ALD : 14 % des assurés, 64 % des dépenses
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11 décembre 2008

La Caisse nationale d'assurance-maladie (CNAM) vient de rendre publique son étude sur les patients en affection longue durée (ALD) et sur l'évolution constatée au cours de l'année 2007. Maladies cardio-vasculaires, tumeurs malignes et diabète représentent plus de 5,7 millions de malades, soit plus de 70 % du total des assurés en ALD.

DIX MILLIONS.
C'est le nombre de personnes atteintes en France d'une affection de longue durée, à la fin 2007, et prises en charge à 100 % dans le cadre de cette maladie. Pour le régime général seul, on compte 8 millions d'assurés, soit près de 1 sur 7, selon les chiffres établis par la récente étude de la CNAM sur les patients en ALD. «Depuis 2006, relève le Dr Alain Weill, médecin-conseil à la Direction de la stratégie, des études et des statistiques, la croissance des effectifs en ALD enregistre un net ralentissement: +3,6% en 2006 et +4,2% en 2007, après une période 1994-2004 marquée par des taux élevés: +5,7% par an et en moyen-ne.»

Pourtant, les effectifs d'assurés en ALD continuent d'augmenter rapidement. D'abord, parce que la population française vieillit et se trouve plus exposée à ces pathologies chroniques ; ensuite, grâce à l'amélioration des traitements et de la prise en charge qui permettent de vivre plus longtemps avec une affection chronique. Enfin, les patients chroniques sont aujourd'hui plus souvent bénéficiaires d'une ALD, car les traitements ont un coût élevé.

L'importance de l'âge et du sexe.
LA CNAM tire un autre enseignement de cette étude. Il concerne l'importance de l'âge des malades : celui des personnes en ALD est de 61,6 ans en moyenne, mais de grandes disparités existent selon les pathologies. Par exemple, l'âge moyen est de 70 ans pour les maladies cardio-vasculaires, et de 82 ans pour la maladie d'Alzheimer.
Autre constat, les différences entre les sexes. À âge égal, les hommes sont en effet davantage atteints par des pathologies chroniques et graves, particulièrement pour les maladies cardio-vasculaires ou le diabète. Mais la population féminine étant plus importante dans les tranches d'âge les plus élevées – plus de 80 ans notamment –, le nombre total de femmes en ALD est plus important que celui des hommes.

L'étude identifie également les pathologies principalement concernées : trois groupes représentent plus de 70 % du total des assurés en ALD, et touchent chacun plus de 1,5 million de malades. Plus de 2,6 millions de personnes sont atteintes par une maladie cardio-vasculaire chronique.

«Les données de l'assurance-maladie montrent une croissance significative par rapport à 2006, de 6,4%, notamment pour les insuffisances cardiaques gra- ves avec +9,3%, et l'hypertension artérielle sévère avec +8,5%», précise Alain Weill.
Les tumeurs malignes concernent, elles, 1,6 million de personnes à fin 2007. La principale maladie chez la femme reste le cancer du sein, avec plus de 450 000 personnes touchées, et, chez l'homme, la tumeur de la prostate atteint près de 280 000 assurés.

Le poids des affections chroniques.
Quant au diabète, le nombre de patients en ALD dépasse 1,5 million de personnes, soit + 8,2 % par rapport à 2006. Le constat ? Cette pathologie est celle, après les maladies cardio-vasculaires, qui contribue le plus à la croissance de la population totale en ALD.

Bien sûr, les dépenses de soins remboursées par l'assurance- maladie sont très concentrées et principalement liées aux affections de longue durée, qui demandent des traitements longs et coûteux. «Si les malades en ALD représentent 14% des assurés, ils totalisent 64% des dépenses. En observant la croissance des dépenses d'assurance-maladie, on constate que celle-ci est quasi exclusivement liée aux pathologies chroniques: les affections de longue durée représente ainsi 90% de cette croissance», conclut le Dr Weill.

Un éclairage intéressant est donc porté sur les dépenses, car l'augmentation continue du nombre de malades en ALD participe à l'accroissement des frais de santé. L'amélioration des modalités de traitement se répercute également sur les dépenses.

> OLIVIA JAMET
Le Quotidien du Pharmacien du : 11/12/2008


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