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Soigner le diabète et l'obésité
une opération « deux en un »
24 octobre 2008
Un chercheur de l'Université Lyon 1 a découvert le mécanisme permettant de neutraliser obésité et diabète grâce à un seul et même acte chirurgical
«L'ironie c'est qu'il s'agit de la technique des Américains mais que c'est nous qui leur avons expliqué pourquoi elle marche ! ». Cette technique qu'évoque Gilles Mithieux, chercheur CNRS/Inra/Inserm à la Faculté de médecine de Lyon 1, c'est la chirurgie dite du « Bypass ».
Alternative à l'anneau gastrique , l'opération consiste à réduire la taille de l'estomac des obèses diabétiques (60 % le sont) et à dériver les aliments directement vers la partie basse de leur intestin.
« Ils se sentent si bien qu'ils ne reviennent pas voir le médecin. Aux États-Unis, explique ce diététicien, on pratiquait cette opération depuis longtemps sur les obèses morbides mais on ne comprenait pas pourquoi elle guérissait aussi leur diabète : c'est une piste qu'ils ont négligée. »
Mais que Gilles Mithieux et Fabrizio Andreelli, chirurgien à l'Hôpital Bichat à Paris ont remonté jusqu'au bout mettant finalement un nom - et le doigt sur la réponse : « néoglucogénèse ».
Entre 50 et 90 % de la glycémie est normalisée dès la sortie
Soit la faculté inédite qu'a cet intestin remodelé à fabriquer lui-même son glucose entre les repas.
Détecté, « ce glucose envoie un signal au cerveau améliorant la sensibilité à l'insuline et diminuant la sensation de faim » résume le Lyonnais.
Au final, après l'opération « entre 50 et 90 % de la glycémie est normalisée dès la sortie de l'hôpital, les gens n'ont plus faim et presque plus de diabète » poursuit-il. Ce qui constitue à ses yeux un des risques de la méthode : « Ils se sentent tellement bien qu'ils ne reviennent pas voir leur médecin » et en oublient de lui demander d'arrêter progressivement leur traitement anti-diabète.
Autre précaution à prendre : l'intestin distal (sur lequel aura été directement connecté l'estomac) n'étant pas spécialisé dans l'absorption d'aliments, des carences vitaminiques peuvent s'ensuivre, que suffiront toutefois à combler selon Mithieux, des compléments alimentaires. « Cela excite les Américains : certains songent déjà à l'utiliser sur des diabétiques non obèses » observe-t-il.
Une question, qui prédit-il se posera bientôt en France en raison du coût astronomique des traitements anti-diabètes, remboursés à 100 %. Raison pour laquelle lui et son équipe, loin de se reposer sur leurs lauriers, travaillent déjà sur une piste qu'il estime « très sérieuse » : trouver la protéine qui induit cette fabrication de glucose dans l'intestin. Et mettre tout simplement fin au diabète. Sans passer par la case opération.
Olivier Saison
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