UNION REGIONALE DES MEDECINS LIBERAUX DE LA REUNION
Un tiers des médecins généralistes
ne maîtrisent pas les gestes de réanimation d'urgence

Source et copyright : www.apmnews.com (Juillet 2008)


Près de la moitié des médecins généralistes estime pratiquer au moins une fois par an des gestes de réanimation d'urgence, alors que 30% de l'ensemble avouent ne pas maîtriser ces gestes, d'après une étude publiée par des chercheurs du CHU de Nîmes.

Cette évaluation, menée par l'équipe de Claire Roger et ses collègues d'après les réponses de 1.561 médecins généralistes des Bouches-du-Rhône, du Gard, de l'Hérault et du Vaucluse, s'inscrit dans le cadre d'une étude financée par le Programme hospitalier de recherche clinique (PHRC régional 2004) sur la relation entre les médecins généralistes et les médecins réanimateurs.

Elle indique que 38% des praticiens ayant renvoyé le questionnaire d'auto-évaluation estiment avoir à réaliser des gestes de réanimation d'urgence plus d'une fois par an et 14% y sont confrontés plus d'une fois par trimestre.

Mais tous n'ont pas cette compétence, car l'étude montre également que 30% des médecins ayant répondu -de façon anonyme- à l'enquête avouent n'avoir aucune compétence pour réaliser ces gestes.

Les facteurs associés à ce manque de maîtrise des gestes de réanimation d'urgence étaient un âge supérieur à 35 ans, le sexe féminin, l'absence de stage en réanimation/urgence lors des études, l'absence de réalisation de ces gestes dans la pratique quotidienne et l'absence d'utilisation du carnet de santé.

Selon les chercheurs, la difficulté du maintien des connaissances dans le domaine de la réanimation cardiopulmonaire expliquerait la diminution de leur maîtrise au fil de la carrière.

Interrogé par l'APM, Jean-Yves Lefrant, co-auteur de l'article, admet que les facteurs liés au sexe du médecin et à l'utilisation du carnet de santé restent difficiles à expliquer.

L'étude conclut à la nécessité d'une formation aux gestes de réanimation d'urgence dès les études médicales et tout au long de la carrière.

Jean-Yves Lefrant tempère: "il faut d'abord résoudre le problème de la prise en charge générale de l'urgence, notamment au niveau de la garde en ville, avant de pouvoir penser à mettre en place une formation continue sur les gestes d'urgence". Il ajoute que "cette mise en place sera de toute façon difficile car ces gestes se perdent très vite."

(La Presse médicale, Vol.37, n°6, cahier 1, p929-934)
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TNLG3001 03/07/2008 13:53 ACTU

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