![]() |
|
L’obésité des enfants, une « crise » mondiale
En entrevue au Soleil, le Dr James a rappelé que partout sur la planète, les enfants grossissent, grossissent et à un rythme qui va en s'accélérant. Les pires projections des chercheurs de l'Organisation mondiale de la santé, accusés de jouer les prophètes de malheur il y a quelques années, deviennent réalité.
Même les pays en voie de développement n'y échappent pas. Au Moyen-Orient, en Afrique, en Asie, il y a maintenant plus d'enfants en surplus de poids que souffrant de la faim. Le scénario est toujours le même. Les gens naissent dans un milieu pauvre. Ils mangent peu et triment dur. Quand leur situation économique s'améliore, ils se mettent à manger plus et mal et à bouger moins. Ils ne dépensent plus les calories ingurgitées.
«Le problème, c'est que dans ces pays, les enfants deviennent vraiment malades quand ils présentent un surplus de poids», explique le Dr James, qui s'inquiète de voir de jeunes enfants souffrir de diabète de type 2, une maladie autrefois réservée aux personnes âgées.
Le Dr James affirme qu'il faut agir, et vite, sous peine d'assister à la faillite de nos systèmes de santé. Du Québec, il dit qu'il est en retard, comme tout le monde, mais qu'il mène néanmoins la parade. Sortir la malbouffe des écoles est un bon point de départ, mais insuffisant, car à peine un cinquième de la nourriture engloutie dans une semaine est prise en milieu scolaire.
«Il faut faire cesser toute la manipulation des enfants», lance le spécialiste. Cela suppose d'interdire la publicité racoleuse, mais aussi les promotions et les concours qui associent des personnages et des thèmes chers aux enfants à des produits alimentaires de faible qualité.Le Dr James suggère aussi d'implanter le nouveau système d'identification des produits alimentaires adopté par la Grande-Bretagne. Sur le devant des paquets, les consommateurs peuvent déduire facilement la valeur nutritive grâce à un classement inspiré des feux de circulation. Un feu vert est accolé aux aliments bons pour la santé, un feu rouge aux mauvais choix et le jaune représente l'entre-deux. «C'est simple : les enfants devraient manger seulement du vert!» résume le chercheur. Utilisé dans les supermarchés, ce système devrait être étendu prochainement aux restaurants.
Le Dr James est également de ceux qui approuvent l'idée d'imposer une taxe sur la malbouffe pour financer une baisse de prix des fruits et légumes. Les Finlandais l'ont fait et ont réduit leur taux d'obésité alors que tous les autres pays voyaient le leur grimper. Enfin, le spécialiste appuie un changement radical de la façon de faire l'agriculture. Au lieu de subventionner les producteurs de sucres, de gras et de viandes afin de maintenir le prix de leurs denrées au plus bas, il recommande de rediriger l'argent vers les producteurs de fruits et de légumes. Du coup, la nourriture santé serait plus abordable.
2007-11-08· Annie Morin
[Retour à la page précédente]