UNION REGIONALE DES MEDECINS LIBERAUX DE LA REUNION
Inflation sur les médicaments non remboursables
sans doute mais...

France Soir / AFP / Le Monde/ Les Echos

Depuis le 1er janvier 2008, la hausse des prix des médicaments non remboursables par la Sécurité sociale a doublé, voire triplé. La Fédération des syndicats pharmaceutiques français (FSPF) demande l’intervention du gouvernement.

La hausse des prix des médicaments retirés de la liste des produits remboursables par la Sécurité sociale est dénoncée par les pharmaciens. Les laboratoires pharmaceutiques sont dorénavant libres de fixer le prix de leurs produits. « De telles pratiques décrédibilisent les médicaments » qui ont vu leur prix s’envoler, dit-on à la FSPF (Fédération des syndicats pharmaceutiques français). Celle-ci affirme ne pas cautionner la hausse des prix, « en totale contradiction avec les intérêts de santé publique ».
L’augmentation de certains produits est estimée à environ 30 % par la FSPF qui accuse les laboratoires de profiter de la situation au détriment des pharmacies qui subissent.

Des pharmacies en difficulté

« Les pharmaciens sont piégés par l’augmentation des prix des médicaments. Il y a une baisse du chiffre d’affaires. Un tube de Lysopaine (pastilles contre le mal de gorge), au moment de son remboursement, coûtait 1,70 euro, aujourd’hui son prix est de 3,90 euros », explique Gilles Thron, pharmacien à Agde. Les ventes baissent. Les officines ont du mal à être rentables. « La marge sur les produits génériques, affirme Gilles Thron, est de 10,74 % contre 3 % sur un produit normal. Les génériques, moins chers, génèrent un bénéfice moins conséquent. » Il poursuit : « Les pharmacies sont tributaires de l’économie de l’officine, en difficulté. Certains établissements ne peuvent plus faire face au remboursement de leur prêt. Ils mettent la clef sous la porte. » Sans contrôle, les prix des médicaments peuvent continuer à grimper.

A noter toutefois...

Automédication : une deuxième vie non justifiée pour des médicaments sans efficacité démontrée
La Revue Prescrire : Numéro 291, janvier 2008

Il est logique que les médicaments sans efficacité démontrée ne soient pas remboursés par l'assurance maladie. Il n'est pas logique de promouvoir l'achat de ces médicaments par le grand public, au prétexte de développer l'"automédication".

Début 2006 et début 2007, le taux de remboursement de plus de 150 médicaments, dont le "service médical rendu" (intérêt thérapeutique) avait été jugé insuffisant par les autorités sanitaires, avait été baissé à 15 %. Dans son numéro de janvier, la revue Prescrire souligne que ce taux, inventé à cette occasion, permettait hypocritement de maintenir un remboursement pour des médicaments sans efficacité démontrée, voire à balance bénéfices-risques défavorable. Il s'agissait notamment des veinotoniques et de certains vasodilatateurs.

La revue Prescrire considère que l'arrêt total de prise en charge de ces médicaments par l'assurance maladie à partir du 1er janvier 2008 est cohérente, quoique tardive. Mais ce déremboursement est l'occasion pour certaines firmes de promouvoir leurs médicaments à service médical rendu insuffisant directement auprès du grand public.

Et le projet du gouvernement d'autoriser l'accès direct des patients à certains médicaments dits d'automédication, va aussi dans le sens de l'intérêt des firmes. Pour ces dernières, mieux vaut que les patients ne demandent pas l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien sur les médicaments à service médical rendu insuffisant, et fassent plutôt confiance à la publicité !

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