![]() | ![]() |
Les recommandations du présent document ne constituent pas une démarche de diagnostic ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes.L'avis d'un médecin qualifié reste la seule démarche logique. |
FIEVRE DE L'ENFANT
et du NOURRISSON
Banale, fréquente, la fièvre reste chargée d'une aura maléfique lourde de l'inquiétude des parents. Elle représente un motif tréquent de consultation avant l'âge de 3 ans.
Elle est le plus souvent reliée à une infection virale ou bactérienne, mais elle peut aussi avoir pour origine un coup de chaleur, une déshydratation ou un désordre neurologique.
Le risque réel de complications comme les convulsions hyperthermiques, la déshydratation voire des lésions viscérales graves au delà de 41°C, nécessite donc une prescription simple, efficace et éducation parentale minimale.AVANT 6 MOIS
- Acheter un thermomètre ++++
- Faire des mesures par voie rectale avant la prise de médicament
- Ne pas couvrir et ou sur-habiller un enfant fébrile qui frissonne. Des vêtements légers, amples dans une pièce aérée non surchauffée ( entre 20 et 25°C)
- Proposer souvent à boire
- Vous devez savoir :
--- Température entre 36,5°C et 37,5°C = pas de fièvre
--- Température entre 37,5°C et 38,5°C = fièvre modérée
--- Température entre 38°6 et 40°C = forte fièvre
--- Température > 40°C risque de complication suivant l'âge et la durée- Outre l'utilisation des médicaments, le bain tiède ou l'enveloppement avec des linges mouillés sont des moyens efficaces pour faire rapidement baisser la température.
Il est licite d'hospitaliser pour bilan tout nourrisson de moins de 3 mois.
Entre 3 et 6 mois, sauf diagnostic indiscutable de virose banale , l'hospitalisation représente la sécurité.
AU DELA DE 6 MOIS
L'avis rapide d'un médecin est nécessaire. Son examen clinique, l'interrogatoire, la notion d'épidémie, les conditions de vie, le milieu social, la compréhension parentale, etc... lui permettront la prise de décision : symptomatique, étiologique, bilan, hospitalisation, etc...
LES MEDICAMENTS ANTIPYRETIQUES
1/ Paracétamol = acétaminophène
En première intention,
seul le PARACETAMOL est licite
Il doit toutefois être prescrit à la dose de 60 mg/kg/J répartie en 4 prises c'est à dire 15 mg/kg toute les 6 heures par voie orale ou rectale.
La première prise peut être de 25 mg/Kg si la fièvre est trés élevée
En effet, le paracétamol a été bien évalué dans cette indication et présente une sécurité maximale. De plus, son absence d'agressivité digestive chez un enfant fébrile qui souvent refuse toute alimentation est un argument supplémentaire à son utlisation.
Le piège : la multiplication des formes commerciales dans une pharmacie familiale crée le risque de surdosage.
Il est donc recommandé d'avoir sous le même nom commercial la forme orale et rectale.
2/ l'acide acétylsalicylique (AAS)
Il ne possède pas la sécurité du paracétamol et devrait être réservé " en seconde intention " c'est à dire en cas d'échec ou de résultat insuffisant c'est à dire pour une température supérieure à 38°5 voire 39°C. A noter qu'il n'est pas retenu comme antipyrétique dans certains pays anglosaxons alors qu'il est utilisé en France.
La posologie recommandée est également de 60 mg/kg/J répartie en 4 prises c'est à dire 15 mg/kg toules les 6 heures. : ASPEGIC ®, CATALGINE ®, SOLUPSAN ®, etc...
3/ Ibuprofène réservé à l'enfant de plus de 6 mois.
Présenté - à juste titre - comme analgésique, il est également antipyrétique et son utilisation dans cette indication parait se généraliser. Il n'en reste pas moins que l'ibuprofène est un anti-inflammatoire non stéroïdien qui ne devrait pas être banalisé comme antipyrétique de première intention chez des nourrissons fébriles refusant souvent toute alimentation..
Dans l'état actuel des connaissances, ll ne possède pas la sécurité du paracétamol et devrait être réservé " en seconde intention " c'est à dire en cas d'échec ou de résultat insuffisant c'est à dire pour des températures supérieures à 38°5 voire 39°C.
La posologie recommandée est de 20 à 30 rng/Kg /J soit 7 à 1 0 mg/ Kg toutes les 6 à 8 heures par vole orale.
Les présentations avec une pipette graduée en kilogramme permet des prises de 7,5 mg/kg toutes les 6 heures et nous parait plus pratique.
En conclusion...
Sauf cas particulier il semble judicieux d'appliquer le schéma posologique suivant :
Cette attitude systématique doit être apliquée, pour l'enfant de moins de 3 ans, durant les premières 48 heures en assurant une surveillance au moins entre les prises de paracétamol.
Chez l'enfant plus grand, on peut adopter des prises moins systématiques et les adaptér à la température rectale mesurée.
Point de pratique : Préparé en 1998 par le Comité de pharmacologie et des substances dangereuses, Société canadienne de pédiatrie (SCP)
Le choix en matière de traitement de la fièvre et de la douleur de plus ou moins forte intensité, par des médicaments en vente libre chez des enfants en bas âge, se limite à l'acétaminophène (paracétamol) et à l'ibuprofène depuis la mise en évidence d'un lien de causalité entre l'utilisation de l'acide acétylsalicylique (AAS) et l'apparition du syndrome de Reye.
En conclusion, l'acétaminophène (paracétamol) et l'ibuprofène sont tous deux doués d'un profil d'efficacité et d'innocuité satisfaisants pour un recours en vente libre. Toutefois, le volume beaucoup plus imposant de données sur l'innocuité de l'acétaminophène en font de toute évidence le médicament de choix dans la prise en charge de la fièvre et des douleurs, réservant l'ibuprofène à des cas plus problématiques.
* Dr H. Raybaud