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Asthme
Haro sur le tabagisme passif
Le tabagisme passif augmente sensiblement le risque d'asthme, surtout chez l'enfant, et aggrave la sévérité de l'asthme avéré, l'arrêt de l'exposition au tabac permet en revanche de faire régresser la symptomatologie.
Pour ceux qui en doutaient encore, le Professeur Pierre Duroux, président du CNMRT (Comité National français contre les Maladies Respiratoires et la Tuberculose) a dénoncé avec vigueur la nocivité du tabagisme passif à l'occasion de la 25e journée scientifique du laboratoire Aventis qui avait pour thème « Les défis thérapeutiques de l'asthme et de l'allergie au XXIe siècle ».
Les preuves sont légion.Si l'effet du tabagisme passif sur l'asthme est bien réel, il ne faut toutefois pas oublier qu'il n'est qu'un facteur de risque parmi d'autres, à commencer par l'hérédité (risque relatif de 3) et l'exposition à certains allergènes. Il semble par ailleurs que le tabagisme passif in utero n'ait pas d'influence sur la rhinite allergique.
- Sur la réalité du tabagisme passif d'abord : lors d'un voyage Paris-Nice en TGV, un passager non fumeur assis dans un wagon fumeur normalement ventilé inhale l'équivalent de 3 cigarettes, comme le prouve le dosage urinaire de la cotinine (un dérivé de la nicotine).
- Pour l'asthme, le lien entre le tabagisme passif et la survenue d'un asthme est net, avec un risque relatif variant, selon les études, de 1 à 2. Cette corrélation est maximale chez les femmes enceintes et chez les enfants d'âge préscolaire. Une récente enquête conduite auprès de 200 femmes ayant fumé pendant leur grossesse et s'étant arrêtées ensuite a retrouvé un risque relatif de 1,8, soit davantage que chez le jeune enfant. Dans l'asthme avéré, de multiples études montrent que le tabagisme passif aggrave la sévérité des crises.
- Et chez le petit enfant, le risque devient très important lorsque la mère fume plus de 20 cigarettes par jour. « On retrouve du reste très souvent une histoire de tabagisme passif chez les enfants intubés pour asthme sévère », a souligné le Pr Duroux, en stigmatisant l'attitude irresponsable des parents.
Devant un tel constat, le Pr Duroux a rappelé que « l'arrêt du tabagisme passif est rapidement efficace », avec une amélioration très nette de la symptomatologie, chez l'adulte comme chez l'enfant. Un message qui vaut la peine d'être entendu, quand on sait que l'asthme touche en premier lieu les enfants d'âge scolaire (10 à 18 % en souffrent) et que sa prévalence connaît une progression inquiétante dans les pays développés (+ 10 % par an).
A l'autre bout de la planète, la lutte contre le tabagisme passif vient d'ailleurs d'enregistrer une victoire historique. Dans une décision récente, la cour suprême de l'état de Nouvelle-Galles du Sud en Australie, a accordé 450 000 dollars de dommages-intérêts à une ancienne barmaid après avoir établi que le cancer de la gorge qu'elle avait développé était bien d'origine professionnelle. La plaignante, âgée de 62 ans, avait travaillé pendant 11 ans dans un club de Port Kembla et avait été continuellement exposée à la fumée de cigarette. Cette affaire a été suivie de très près par les juristes européens et américains car aucun procès n'a jusqu'à présent connu une telle issue dans ces pays. En revanche, des procès intentés pour d'autres maladies provoquées par le tabagisme passif, en particulier l'asthme et la bronchite chronique, où le lien de causalité est plus facile à prouver, ont déjà donné lieu à l'octroi de dommages-intérêts.
Dr Raphaël Brenner
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