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O.M.S.
Haro sur les douceurs.
Source AP
Selon les recommandations d'un rapport commandité par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l'Organisation des Nations Unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO). moins de 10% des calories consommées devraient provenir du sucre.
C'est la première fois que des experts établissent une limite précise sur les glucides.
Cette étude, à laquelle ont participé une trentaine d'experts, doit permettre à l'OMS de mettre au point une stratégie mondiale pour prévenir des maladies chroniques comme les troubles cardio-vasculaires, l'obésité, le cancer et le diabète. Lancée l'an dernier, elle devrait être connue d'ici mai 2004. Sans surprise, le rapport, rendu public lundi, établit qu'une alimentation pauvre en graisse, sucre et sel, mais riche en fruits et légumes, le tout accompagné d'exercices réguliers, permet de combattre certaines maladies.
Mais le conseil des experts de limiter le sucre raffiné -en plus celui qui est naturellement présent dans certains aliments- à moins de 10% des calories consommées est le plus audacieux qui ait été formulé à ce jour dans ce domaine.
Aux Etats-Unis, où près d'un tiers des adultes sont obèses selon une étude récente, l'organisation gouvernementale Dietary Guidelines for Americans (DGA, Conseils diététiques aux Américains) recommande à ses concitoyens de consommer le sucre avec modération. L'Institut de médecine, membre de l'Académie nationale des Sciences, préconise de son côté une alimentation en sucre ne dépassant pas 25% des calories absorbées.
"Il y a très peu de recommandations internationales sur le sucre. Il y a des pays qui tentent de donner des avis sur les glucides, mais à chaque fois qu'ils essayent de les introduire, les pressions de l'industrie alimentaire se font très fortes", explique Derek Yach, le responsable des maladies non transmissibles à l'OMS. Mais l'OMS et la FAO, qui doivent entamer cette semaine une série de consultations, "sont déterminées à utiliser ces données", ajoute-t-il.
Sans surprise, le lobby de l'industrie agro-alimentaire, qui participera en mai prochain à une réunion à l'OMS, a dénoncé le rapport, estimant qu'il "passait à côté de l'essentiel". Il a insisté sur la nécessité de pratiquer un sport régulièrement, plutôt que d'imposer des limites sur certains aliments.
Selon l'un des auteurs du rapport, Philip James, les conclusions de cette étude vont amener l'industrie alimentaire à faire face à l'un de ses plus gros défis. "Malgré tous les efforts pour encourager les consommateurs à faire des choix plus sains au cours des dix dernières années, le taux de personnes atteintes d'obésité s'est accéléré", regrette-t-il. "L'industrie alimentaire doit maintenant s'attabler avec l'OMS et d'autres pour aborder sérieusement ce problème et participer à la recherche d'une solution, plutôt que de continuer à faire partie du problème".
Pour de nombreux chercheurs, les maladies cardio-vasculaires deviendront la première cause de mortalité dans les pays en voie de développement d'ici la fin de cette décennie. Le taux d'obésité a par ailleurs progressé plus rapidement dans les pays en voie de développement que dans les pays riches. Les deux tiers des personnes atteintes du diabète de type 2 -celui qui est lié aux mauvaises habitudes alimentaires- vivent dans les pays en voie de développement.
Pour l'Association américaine des fabricants de soda (NSDA), la limite de 10% ne devrait pas figurer dans la stratégie de l'OMS. "Si on regarde attentivement la littérature scientifique sur l'obésité, on observe qu'il n'y a aucun lien entre la consommation de sucre" et cette maladie, affirme le vice-président du NSDA Richard Adamson. Au contraire, ces "restrictions" peuvent créer un "syndrome du fruit défendu qui fait prendre du poids aux individus", affirme-t-il.
Voir également : Sodas, yaourts, gâteaux, céréales: les Français sont submergés de produits beaucoup trop sucrés et consomment plus du double de ce que conseillent les autorités de santé publique, souligne une étude du magazine Que Choisir [Lire]
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