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Du banal au sérieux...
Environ 80 % des gens de plus de soixante ans, hommes ou femmes, se plaignent de difficultés de
mémoire. Ils estiment que leur mémoire actuelle est nettement moins bonne que celle de leur enfance.Les plaintes citées ci-dessus désignent en général bien plus des troubles de l'attention que des problèmes de mémoire à proprement parler. On oublie où l'on a posé ses clefs parce qu'on le fait sans y prêter attention, ou parce que l'on a été distrait à ce moment-là et que l'on a plus de mal à diviser son attention sur plusieurs sujets à la fois. Dans ce que l'on appelle globalement la mémoire, il faut voir en effet trois phénomènes distincts. Le rappel de l'information sera d'autant plus facile que celle-ci aura été encodée de plusieurs manières différentes : verbale, imagée, motrice, etc. On peut ainsi cerner le souvenir à récupérer par plusieurs voies d'accès. Ce qui pêche, en général, lorsqu'on vieillit, ce n'est pas le maintien en mémoire, mais l'attention ou la faculté de rappel. Si l'on oblige le sujet à mémoriser quelque chose, il l'encode, car il est forcé d'y prêter attention. Du coup, le rappel se trouve facilité. Par exemple, si l'on donne à un sujet âgé une liste de noms à apprendre, et que le lendemain on lui demande ce qu'il a retenu ("rappel libre"), ses performances seront médiocres par rapport à celles d'une personne jeune ; si, en revanche, on lui fournit un indice ("rappel indicé"), tel que "dans la liste, il y avait un nom de poisson", le nom en question lui reviendra presque immanquablement. Dans les deux cas, attention et rappel, il s'agit de fonctions de contrôle, exercées par les lobes frontaux de notre cerveau. Le vieillissement normal peut-être aggravé par certains troubles psychologiques, comme la dépression ou l'anxiété. Cette dernière est liée à divers problèmes physiologiques (circulation cérébrale, déséquilibre des neurotransmetteurs) qui perturbent les fonctions de contrôle. D'autre part certains médicaments peuvent perturber les fonctions d'apprentissage et de mémorisation. Une enquête thérapeutique doit remettre en cause tout médicament suspect pour ne garder que l'indispensable. Dans le même ordre d'idée, une enquête diététique pourra faire évoquer des carences vitaminiques (acide folique par exemple) qui devront être corrigées. De nombreux facteurs socio-psychologiques peuvent aussi agir sur les peformances de la mémoire. Le départ des enfants, la retraite, bref tout ce qui tend à provoquer ou aggraver l'isolement (et qui apparaît généralement avec l'âge), a pour conséquence la diminution de l'activité du sujet ainsi que celle du réseau social dans lequel il s'insérait. Pour finir sur des notes positives Certains chercheurs mettent l'accent sur le fait que la mémoire change avec l'âge : changement de rythme, de centres d'intérêt, de fonction. Progressivement, elle permet de "digérer" tout ce que l'on a vécu jusque-là, de donner une unité à tous les personnages que nous avons été au cours de notre existence. D'autre part, si dans l'absolu, les capacités de mémorisation pures diminuent avec l'âge, les capacités d'apprentissage en s'appuyant sur l'expérience et un acquis plus riche en utilisant des liens mémoriels internes, restent opérationelles trés longtemps. Enfin, comme tout organe, le cerveau demande a être entrenu à la fois par une hygiène de vie mais aussi par l'entrainement régulier. Le 100 mètres en 10 secondes c'est peut être fini. C'est pas une raison pour rester sur la ligne de départ... Certains signes doivent toutefois alerter et faire évoquer une maladie d'Alzheimer ou une autre démence débutante. Ce sont des difficultés dans la réalisation des activités courantes :
Dr H. Raybaud |
Les recommandations du présent document ne constituent pas une démarche de diagnostic ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes.L'avis d'un médecin qualifié reste la seule démarche logique. |
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