UNION REGIONALE DES MEDECINS LIBERAUX DE LA REUNION
URGENCE : L'INFARCTUS DU MYOCARDE
QUI, QUAND ET COMMENT APPELER

L’infarctus du myocarde (IDM) représente une urgence médicale véritable, pour laquelle le patient ou son entourage n’ont pas une seconde à perdre.

La prise en charge d’un patient victime d’un infarctus du myocarde requiert le bon déroulement d’une chaîne de soins dans laquelle intervient systématiquement le Service Mobile d’Urgence et de Réanimation (SMUR).
Le SAMU-Centre 15 répond 24 h/24 pour activer cette chaîne et associer d’autres partenaires comme les médecins libéraux, les sapeurs-pompiers, les ambulanciers et d’autres services d’hospitalisation.
Tout appel pour douleur thoracique impose une réponse médicale organisée afin de sauver à la fois la vie et du myocarde.

AGIR VITE : POURQUOI ?

Lorsque le muscle cardiaque ne reçoit pas suffisamment de sang (donc d’oxygène) pour assurer son fonctionnement : les cellules souffrent d’ischémie. Si elle est modérée, cela se traduit seulement par une crise douloureuse d’angine de poitrine, transitoire et réversible. Si par contre, il s’agit de l’occlusion totale de l’artère coronaire, le plus souvent formation d’un caillot (thrombose), l’ischémie est totale, conduisant ainsi à la destruction définitive d’une partie du myocarde, constituant ainsi l’infarctus du myocarde.
L’ischémie myocardique et la nécrose (infarctus du myocarde) ont pour conséquence immédiate des modifications du fonctionnement électrique du cœur, susceptibles d’induire des troubles graves du rythme cardiaque et une certaine diminution des capacités de contraction.

Un traitement immédiat, visant à prévenir et à traiter à tout moment les conséquences de l’ischémie aiguë myocardique. Dans les années 1960, la mortalité par IDM était de l’ordre de 30 %. En développant le concept de transport médicalisé, des Unités de Soins Intensifs et grace aux avancées thérapeutiques il a été possible d’abaisser la mortalité par IDM à moins de 10 % aujourd’hui.

QUAND ET COMMENT FAUT-IL APPELER ?



Plusieurs circonstances doivent faire appeler le plus rapidement possible le «15».

Toute douleur thoracique survenant chez un sujet médiane, rétrosternale, en barre, constrictive en étau (le patient la décrit en posant ses mains à plat au milieu du thorax entre les deux seins) et irradiant (éventuellement) vers le cou, la mâchoire, la nuque, l'épaule, les bras, les poignets... doit constituer un motif d'appel systématique.

Chez un sujet connu comme coronarien, toute douleur angineuse anormale, par son intensité et/ou sa résistance au traitement habituel

Il peut aussi s'agir de la manifestation d'une complication : sensation de malaise ou perte de connaissance (le patient ne réagit plus à l'appel de son nom ou lorsqu'on le secoue par les épaules).
C'est dans ce cas que le médecin régulateur donnera des conseils à l'entourage, qui les appliquera d'autant plus facilement que les gestes élémentaires de secours («les gestes qui sauvent») auront été appris auparavant.


QUI FAUT-IL APPELER ?

Appeler le 15 doit donc être le reflexe immédiat. La régulation assurée par un médecin permet également de donner des conseils, tels que la prise d'aspirine, de produits nitrés... et l'attitude à avoir, dans l'attente de l'arrivée des secours et le cas échéant en guidant des gestes de secourisme.
• Le SAMU-Centre 15 a pour caractéristique essentielle de disposer d’un Centre de Réception et de Régulation des Appels médicalisés en permanence. Pour tout appel formulé sur le numéro d’appel téléphonique (gratuit) «15», un médecin formé à l’urgence et à la réanimation décide de la suite à donner. Il veille à ce que la solution la mieux adaptée soit choisie en ne tenant compte que de critères strictement médicaux.
Il peut décider, en fonction des éléments qu’il recueille, d’envoyer un médecin généraliste pour réaliser un examen clinique et un électrocardiogramme diagnostique. La contrainte est alors représentée par un délai d’intervention de l’ordre de trente minutes (en tout cas moins d’une heure). Cette solution est choisie lorsque le tableau présenté au téléphone n’est guère évocateur d’un IDM ou lorsqu’il s’agit d’un secteur éloigné par rapport au SMUR, notamment en faisant appel aux sapeurs-pompiers lorsqu’ils sont médicalisés. Les médecins cardiologues sont habituellement peu appelés, car ils n’ont pas la possibilité matérielle d’assurer les urgences en dehors de leur cabinet. Leur rôle est par contre fondamental dans l’éducation des coronariens qui doivent savoir reconnaître la crise anormale conduisant à l’appel immédiat au «15».

• Les sapeurs-pompiers ne sont habituellement pas médicalisés dans les grandes agglomérations sièges d’un SMUR, sauf Paris et Marseille. En dehors, il font appel dans certains cas à un médecin généraliste libéral de garde. Le régulateur du SAMU-Centre 15 choisit donc, en connaissance de cause, de les envoyer soit «en éclaireur», soit en complément du SMUR, mettant ainsi à profit leurs compétences en secourisme et leur répartition diffuse sur l’ensemble du territoire. Si le patient présente d’emblée une détresse vitale (arrêt cardio-respiratoire), les sapeurs-pompiers sont systématiquement dépêchés sur les lieux, en parallèle avec le SMUR, développant ainsi la «chaîne de survie». Cela est d’autant plus intéressant qu’à la suite de l’évolution récente de la réglementation, les sapeurs-pompiers peuvent être autorisés à utiliser des défibrillateurs semi-automatiques, après formation.

• Les ambulanciers privés peuvent assurer les mêmes fonctions que les sapeurs-pompiers, mais leur implantation et leur organisation professionnelle ne les rendent pas toujours suffisamment rapidement disponibles, en dehors de certains secteurs.

• Les Services Mobiles d’Urgence et de Réanimation hospitaliers (SMUR - 350 en France et DOM-TOM) correspondent à «l’hôpital qui se déplace», avec une équipe médicale de réanimation et tous les moyens nécessaires pour prévenir et traiter les complications rythmologiques, pour choisir et appliquer une stratégie de reperméabilisation coronaire (thrombolyse débutée sur place pour orientation immédiate vers un centre de coronarographie - angioplastie).
En milieu hospitalier, les Unités de Soins Intensifs Coronariens ont été spécialement créées pour prendre en charge les patients présentant une ischémie coronarienne aiguë. A défaut, les patients doivent pouvoir être admis dans un Service de Réanimation. Quelle que soit la situation, il est cependant impératif de ne pas se précipiter à l’hôpital, mais d’appeler le médecin régulateur SAMU-Centre 15, car la surveillance et les soins adaptés doivent commencer le plus tôt possible, à domicile et pendant le transport. L’hospitalisation est ensuite décidée en tenant compte à la fois des objectifs thérapeutiques à atteindre et des possibilités d’hospitalisations les mieux adaptées.

Dr H. Raybaud à partir d'un document du Dr Paul Petit

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