UNION REGIONALE DES MEDECINS LIBERAUX DE LA REUNION


L'ASTHME
et IDEES RECUES

LA CRISE VA PASSER TOUTE SEULE : JE N'AI PAS BESOIN DE MEDICAMENT.
FAUX

Cette phrase souvent entendue ne prend pas en compte plusieurs faits :
---- Lorsque la gêne apparait, la crise d'asthme peut avoir commencé depuis plusieurs heures.
---- Plus la crise dure lontemps, plus il sera diffcile de la traiter.
---- Une crise d'asthme doit être considérée comme une urgence thérapeutique.
---- Des crises d'asthme répétées, même de faible intensité, peuvent provoquer à long terme une diminution des capacités respiratoires (inflammation chronique)

LES BRONCHODILATATEURS (type VENTOLINE ®) SONT DANGEREUX. J'AI PEUR DE M'Y HABITUER
FAUX

L'éventuelle toxicité des béta2-mimétiques n'est plus d'actualité depuis bien longtemps mais reste un fantasme dangereusement colporté.
---- Dans les conditions habituelle de prescription, leur utilisation est sans danger
---- Le danger réside dans leur non utilisation
---- Il n'y a pas accoutumance a leur utilisation
Par contre, une crise qui ne passe pas malgré leur utilisation doit être considérée comme une urgence absolue

LES CORTICOÏDES INHALES (type BECOTIDE ®) SONT DANGEREUX. J'AI PEUR DES CONSEQUENCES
FAUX

L'utilisation raisonnée des corticïdes inhalés est sans aucun doute la grande avancée dans le traitement de fond de l'asthme. Par cette voie, ils sont peu efficace dans la gestion de la crise.
Toutes les études confirment que les corticoïdes inhalés ne sont pas responsables de troubles de santé comme la prise de poids ou le ralentissement de la croissance chez les enfants.
Par contre, en luttant contre l'inflammation des bronches, ils sont certainement le traitement indispensable dès que la gêne respiratoire diurne ou nocturne revient plusieurs fois par semaine.

QUAND FAIRE APPEL AUX SERVICES D'URGENCE :
La crise est là: forte oppression, gêne respiratoire importante:
  • La crise ne s'améliore pas malgré la prise de plusieurs bouffées de bronchodilatateurs (VENTOLINE ® par exemple) au cours de la dernière heure.
  • Votre débit de pointe a diminué de moitié, voire davantage, par rapport à sa valeur habituelle ou ne s'améliore pas aprés la prise de plusieurs bouffées de bronchodilatateurs.
  • Vous avez du mal à parler ou à marcher
  • Vos lèvres deviennent bleues
  • Vous avez de la fièvre 39°C voire plus

    Dans tous ces cas contactez le service d'urgence sans tarder; en particulier si vous avez déjà été hospitalisé pour crise grave.
    Soyez particulièrement vigilant si votre état de crise correspond à une aggravation d'une gêne ayant débuté depuis plusieurs jours ou semaines ou si vous êtes isolé.
    En cas de forte crise :
    ---- 80% prennent immédicatement au bronchodilatateur inhalé.
    ---- En seconde intention 58% prennent un corticoïde en comprimé ou en injection.
    ---- 44% des patients font appel à leur médecin traitant
    Les réponses sont multiples et variées reflétant le dégré d'information des patients.

    Une fois la crise passée, il est essentiel de mettre en route une stratégie de traitement de fond et de revoir les signes d'aggravation, d'alerte qui seraient passés inaperçus

    Dr H. Raybaud
  • Avertissement:
    Les recommandations du présent document ne constituent pas une démarche de diagnostic ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes. L'avis d'un médecin qualifié reste la seule démarche logique.
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