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Mieux connaître les risques
liés à la consommation d'alcool
CNAMTS, 6 mai 2002
Rédaction : Dr Françoise Girard
Il apparaît, au travers d'un nouveau sondage Ipsos/CNAMTS/CFES, que les Français accordent à l'alcool une forte incidence sur le développement de certaines maladies graves, comme la cirrhose du foie, l'infarctus du myocarde, les cancers ou encore les attaques cérébrales.
Au demeurant, les avis paraissent moins clairs dans la tranche des 15 - 19 ans, alors que la très grande majorité des Français, soit 84 % d'entre eux, estiment très bien (37 %) ou plutôt bien (47 %) à être informés sur les risques pour la santé liée à cette consommation excessive d'alcool.
Près des 2/3 des français estiment qu'il est plus dangereux pour la santé de consommer 4 verres d'alcool par jour lorsqu'on est âgé de 50 ans que d'être ivre régulièrement lorsqu'on est jeune.
Il en reste que 30 % sont de l'avis contraire dans la tranche des 15 - 19 ans, la différence est encore plus significative dès lors que le niveau d'étude est inférieur au bac.
En réalité, il apparaît qu'en France, on est face à une sous-estimation des risques sanitaires.
La majorité des français considère que les gens meurent davantage d'un accident de la route provoqué par l'alcool que d'une consommation de plus de 4 verres d'alcool par jour, ce qui n'est pas vrai puisque 4000 personnes meurent d'accidents de la circulation causés par l'alcool contre 23000 par maladie dans laquelle peut être directement incriminé l'alcool.
On est donc face à une sous-estimation des risques sanitaires liés à une consommation quotidienne excessive d'alcool.
Par ailleurs, on retrouve un décalage entre la conscience du danger et le comportement. Neuf dixièmes des personnes qui consomment quotidiennement de l'alcool ou plus sont pour 89 % d'entre elles prêtes à se déclarer bien informées sur les risques de cette consommation excessive.
Et pourtant, les chiffres parlent d'eux-mêmes puisque 23000 décès sont attribuables directement à l'alcool, 18388 chez l'homme contre 4722 chez la femme avec par ordre de fréquence des cancers (lèvres, cavité buccale ou pharynx), ensuite les cancers de l'œsophage et du larynx, les cirrhoses et enfin par alcooldépendance.
Outre les décès qui sont directement attribuables, l'alcool est également un facteur associé responsable du nombre de décès, décès par traumatisme, par pathologie gastro-intestinale, par maladie cardio-vasculaire, troubles mentaux ou encore maladie respiratoire.
Globalement, on peut estimer que la consommation d'alcool est responsable de 45000 décès, soit environ 1 décès par cancer sur 9 en France.
On remarque, au travers de ce panel, que la mortalité masculine, liée à l'alcool, est 2 à 5 fois supérieure à la mortalité féminine, que 80 % des décès causés par l'alcool concernent des hommes et que 1 décès sur 7 est attribuable à l'alcool chez l'homme contre 1 sur 33 pour les femmes. Il semble temps de prendre la consommation d'alcool réellement en compte. En effet, l'alcool jouit d'un statut particulier en France de par son poids économique et culturel alors qu'il représente clairement la 2ème cause de mortalité évitable.
On remarque qu'en France il y a 2 fois plus de buveurs excessifs que d'alcooliques : sur 5 millions de sujets en difficulté avec l'alcool, 1 million de personnes ont un réel problème de dépendance et les 4 millions restant ont une consommation répétée et nocive.
Par ailleurs, dans un palmarès mondial, il apparaît que les français sont parmi les plus gros consommateurs d'alcool dans le monde avec une moyenne de 10,8 litres d'alcool pur par an et par français, soit l'équivalent de 120 bouteilles de vin.
Selon le dernier rapport de "Drogues et dépendances", l'alcool est la substance psychoactive de loin la plus consommée en France puisque seuls 2,5 % de nos compatriotes déclarent ne jamais en avoir bu et que 9 % présentent des signes de dépendance actuelle ou passée.
Sur une enquête Baromètre Santé 2000, il apparaît que la moyenne des verres consommés était de 2,9 chez les hommes contre 1,7 chez les femmes et dans ceux qui ont consommé de l'alcool dans l'année, presque 16 % déclarent avoir eu une ivresse au cours des 12 derniers mois.
On est actuellement donc en cote d'alerte rouge à la consommation pour les hommes puisque parmi les 12-75 ans, 27,8 % des hommes ont déclaré avoir bu de l'alcool tous les jours au cours des 12 derniers mois, entre 65 et 75 ans, 65 % déclarent boire de l'alcool quotidiennement. 33 % des hommes sont concernés par les excès d'alcool contre seulement 10 % des femmes.
Le risque de dépendance à l'alcool est 3 fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes et après 45 ans, la consommation quotidienne d'alcool devient majoritaire chez les hommes et ce toujours selon les sources du Baromètre Santé 2000, CFES.
Il est donc intéressant de parler de repères :Mais il apparaît, au travers de l'enquête IPSOS, que moins de 50 % des sujets interrogés connaissent les seuils de consommation quotidienne à observer. Ce qui revient à dire que la moitié des français interrogés ont une idée erronée des limites de la consommation pour la femme et que 46 % estiment à la hausse le seuil de consommation masculine. Il faut dire que les hommes et les femmes ne sont pas égaux devant l'alcool.
- chez l'homme, 3 verres par jour maximum (soit 36 g d'alcool pur),
- chez la femme, 2 verres par jour maximum (soit 24 g d'alcool pur),
- pour les femmes enceintes et les enfants une tolérance zéro.
A corpulence égale, les effets négatifs de l'alcool apparaissent plus tôt chez la femme que chez l'homme, en raison des différences de masse graisseuse, des différences de système immunitaire et hormonal.
D'autres facteurs que le sexe entrent certainement en jeu, comme la durée de consommation, le poids, la prise de médicaments ou bien encore la vitesse d'élimination hépatique.
C'est la raison pour laquelle l'Assurance Maladie et le CFES repartent en campagne au travers :
- d'une campagne télévisée " L'alcool, pas besoin d'être ivre pour en mourir ",
- d'une annonce dans Equipe Magazine pour les hommes " Bois moins si tu es un homme ",
- la poursuite de la diffusion du dépliant,
- et du guide pratique sur " Faire le point sur sa consommation d'alcool ".
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