![]() |
|
Dé Dés Informations
la prévention du cancer du col
Mise au point
Philippe de Chazournes, chef de projet DDI, KassDys et EPP
10 octobre 2008
Bonjour à tous,
Que sait-on exactement à ce jour, et sur quoi repose notre campagne DDI sur la prévention du cancer du col:
Malgré les pressions de tout bord, il faut bien relire les recommandations HAS [Lire] à ce propos qui sont beaucoup plus prudentes que ce que veulent nous faire croire les promoteurs de ce vaccin:Depuis ces recommandations du collège de la HAS de 2008, se basant sur l'avis de la commission de transparence d'avril 2007 et du conseil supérieur d'hygiène publique de France de décembre 2006, de nombreuses voix discordantes se sont faite entendre, et notamment celles du Pr. Béraud (ancien vice président de la commission de transparence de l'AFFSAPS) dans le Monde du 9 juillet 2008 [Lire], qui s'oppose à cette "campagne médiatiques qui a accompagné la mise sur le marché des vaccins. Rétablir la réalité du risque est donc nécessaire. la peur n'est pas justifiée etc. ..) et il n'est pas seul, notamment à l'étranger où de très nombreux pays s'y opposent. en tous les cas, rien n'autorise dans cette recommandation cette médiatisation à outrance de la peur qui n'est absolument pas cosignée, ni par l'Assurance Maladie, ni par la HAS, contrairement à la campagne sur les mammographies par exemple.
- " la commission considère que le vaccin Gardasil apporte une amélioration du service médical rendu modéré (niveau 3) dans la stratégie de prévention des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l'utérus;
- en tout état de cause, la commission estime qu'il serait souhaitable que l'organisation et la mise en place, sur l'ensemble du territoire, du dépistage par frottis cervical des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l'utérus (prévention secondaire) soient réalisées avant l'introduction de la vaccination pour les papillomavirus humains oncogènes"
Pour information, voici ce qu'à publié le Haut Conseil de la Santé Publique
Relatif à la vaccination contre les papillomavirus humains 6, 11, 16 et 18 lors de sa Séance du 9 mars 2007, donc postérieurement à la référence qu' a pris en compte la HAS concernant sa recommandation de 2008Quelques extraits :
Dans l'étude FUTURE II sur plus de 6 000 femmes dans chaque groupe (témoins et intervention) , sortie en mai 2007 dans NEJM et considérée comme l'etude de référence, 44% des lésions n'étaient pas liées aux génotypes 16 et 18…[Lire]- Que la mise en place d'un dépistage organisé dans certains pays d'Europe du Nord a permis de réduire l'incidence et la mortalité du cancer du col de 80%
- Cela veut dire que les frottis faits régulièrement sont très efficaces (le vaccin ne protège au mieux que contre 70% des virus, possiblement moins…)
- Qu'il serait possible que, si les femmes vaccinées se faisaient moins dépister, l'incidence et plus encore la mortalité du cancer du col de l'utérus augmentent, le vaccin n'étant pas efficace vis-à-vis d'environ 30% des cancers
- Qu'il ne peut être exclu que l'effet du vaccin ne soit que transitoire du fait de l'émergence d'autres génotypes d'HPV oncogènes, venant remplacer les génotypes 16 et 18 ;
Que la durée de la protection octroyée par le vaccin, évaluée sur une population restreinte d'environ 100 femmes et sur les données immunologiques, est d'au moins 5 ans, mais que la durée de la protection à long terme ne peut être encore connue C'est un des points évidents, ce vaccin très onéreux et pas forcément sans danger est d'efficacité limitée dans l'absolu (limitée principalement aux génotypes 16-18) et incertaine dans le temps…
Que si un rappel devait s'avérer nécessaire et si certaines femmes négligeaient d'y recourir, il existerait un risque de décalage de l'incidence du cancer du col vers un âge plus avancé
C'est la conséquence de ce qui est dit plus haut, finalement les femmes vaccinées risquent d'avoir plus de cancer que les non vaccinées si elles se font moins dépister et si elles ne font pas de rappel si nécessaire, mais bien sûr " ce serait de leur faute ". Alors que le frottis seul est très peu coûteux, et efficace…
Arrêtons ce "pharmacommerce de la peur" [Lire], que ce soit pour les PSA que pour le cancer du col, surtout quand on voit que le coût d'une vaccination complète (sans les éventuels rappels, ce qui n'est pas exclu) est de plus de 450 Euros, alors que sa seule prévention réside dans un frottis bien fait et régulier, bientôt renforcé d'ailleurs par le test HPV.
le Pr.. Béraud insiste "la raison du désintérêt de l'Etat pour ce cancer est sans doute sa fréquence 3000 cas par an et 1000 décès, soit 10 fois moins que le sein et le colon pour lesquels un dépistage est organisé".
On est donc loin d'un problème de Santé Publique, d'autant que certains pays nordiques notamment ont chuté la prévalence à 4 pour 100 000 rien que par les frottis.
Rien donc ne peut justifier ce matraquage à outrance (spot télé, gros encarts dans les vitrines des pharmacies etc..), si ce n'est d'engranger des millions d'Euros sur le dos de la sécu, alors qu'une campagne organisée pour le frottis aurait bien évidemment un rapport coût/bénéfice bien supérieur, mais certainement moins rentable pour certains.
Après avoir reçu une invitation par la déléguée de Sanofi Pasteur à débattre ce jeudi avec le Pr. Boulanger , dépêché tout spécialement sur l'Ile ces jours pour remettre un peu d'ordre chez les réunionnais (!!) dans cette vaccination, son directeur régional m'a fait comprendre hier qu'il n' y aurait pas de débat et que ce n'était pas l'objet de la venue de cette personne....dommage, cela aurait été un moyen d'informer au mieux les médecins qui sont un peu perdus actuellement.
Rappelont simplement que la loi impose que tout information que ce soit envers le public ou que ce soit envers les médecins, nécessitent préalablement l'exposé de ses conflits d'intérêts (article 4113 13 du CSP) sur le thème traité.
L'URML de la Réunion en s'associant avec ONCORUN pourrait mettre en place un dépistage organisé à la Réunion. Il pourrait être relayé - s'ils sont d'accord - par l'ensemble des organismes de formation continue de l'ile, puisque tout le monde s'accorde à dire que le dépistage est le seul moyen ayant prouvé son efficacité pour diminuer l'incidence du cancer du col comme cela a d'ailleurs été mentionné lors d'un cours à l'ENSP dans le module interprofessionnel de santé publique par le Pr. Boulanger lui même en 2005, estimant qu' "un dépistage au moins une fois dans la vie réduit l'incidence du cancer de 60%, avec une prévention optimale s'il est réalisé vers 50 ans"
A noter également que le dernier NEJM craint que le Gardasil ne favorise les dysplasies et les cancers du col par les autres papillomavirus ... et quid dans ce cas de la responsabilité médicolégale du médecin qui s'engagerait dans cette vaccination? car on ne peut plus dire qu'ils n'auraient pas été informés
Que ça plaise ou pas, l'URML de la Réunion depuis plusieurs mois, a fait de la qualité de l'information médicale, une de ses priorités et c'est tout à son honneur et cela en toute indépendance ni conflit d'intérêt et en variant ses sources d'informations. si l'ensemble des URML de France pouvaient rentrer également dans ce processus, cela montrerait que les URML (financées entièrement par nos cotisations) ont (avaient?!) lieu être ++
Merci à tous votre confiance
Philippe de Chazournes, chef de projet DDI, KassDys et EPP
[Retour à la page précédente]