UNION REGIONALE DES MEDECINS LIBERAUX DE LA REUNION

Dé Dés Informations

Cancer du col de l’utérus : le vaccin contesté


CLICANOO.COM - Publié le 21 août 2008[Lire]

Après la campagne nationale faisant la promotion du vaccin Gardasil ® pour lutter contre le cancer du col de l’utérus, l’union régionale des médecins libéraux (URML) de La Réunion se mobilise afin de donner un autre son de cloche. Pour elle, le vaccin n’a pas démontré son efficacité à long terme et ne protège pas contre toutes les souches du virus.

Protéger sa fille, se préoccuper de son avenir, c’est ce qu’il y a de plus naturel pour une mère. Aujourd’hui, avec le vaccin Gardasil® vous pouvez mieux la protéger contre certains virus responsables du col de l’utérus…” Voici le message publicitaire que vous avez certainement eu l’occasion de voir ces derniers mois sur votre écran.

Quoi de plus légitime pour un grand groupe français que de faire la promotion de son dernier produit lancé sur le marché ?
Sauf peut-être quand il s’agit de Sanofi-Pasteur. Le matraquage de cette publicité reste discutable d’un point de vue déontologique mais aussi sanitaire.
En effet, des voix médicales indépendantes s’élèvent un peu partout dans le monde (France, États-Unis, Australie, Espagne, Allemagne, Suisse, Autriche…) pour remettre en cause l’intérêt du Gardasil®.

Dans le cadre de son projet DDI (DéDésInformations), la section généraliste de l’Union régionale des médecins libéraux (URML) de la Réunion va à son tour publier des encarts publicitaires dans la presse écrite d’ici deux semaines afin que les Réunionnais s’informent auprès de leur médecin traitant quant à la nécessité de ce vaccin.
Rappelons néanmoins que le Gardasil ®, inscrit au calendrier vaccinal, est recommandé par le Haut conseil de la santé publique (HCSP) pour les filles de 14 ans. Un rappel est ensuite proposé à toutes les jeunes femmes de 15 à 23 n'ayant pas eu de rapports sexuels, ou au plus tard dans l'année de leurs premiers rapports. Le vaccin, très cher (135 euros par dose, trois doses nécessaires), est remboursé depuis un an par l'Assurance-Maladie à 65 % dans cette indication.

“LE FROTTIS EST PLUS EFFICACE”

Pour le Dr Patrick Bogo, médecin généraliste à Saint-Denis et élu à l’URML : “le vaccin actuellement proposé n’a pas montré d’efficacité à long terme”. Même le HCSP a récemment reconnu (1) que “la durée de la protection octroyée par le vaccin, évaluée sur une population restreinte d’environ 100 femmes et sur les données immunologiques, est d’au moins 5 ans, mais que la durée de la protection à long terme ne peut être encore connue”. La tolérance de cette vaccination à long terme est donc un mystère.

En plus, le Gardasil® n’immunise pas contre tous les types de virus qui donnent le cancer du col de l’utérus. Il ne prévient que 70 % des cancers du col de l’utérus, reconnaît même son fabricant. “Les deux souches contre lesquelles il est censé protéger sont les plus répandues dans le monde, mais pas en occident”, met en garde le Dr Bogo.

De l’avis de toutes les instances sanitaires, le vaccin ne doit pas se substituer au frottis vaginal - également remboursé - qui permet de dépister le cancer du col de l’utérus à un stade où l’on peut facilement l’endiguer. “Le frottis est plus efficace, affirme le Dr Bogo.
En plus, c’est inoffensif et peu coûteux. Avec cette campagne, nous avons peur que les femmes fassent moins de frottis.”

Elles sont déjà nombreuses à ne pas respecter ce rendez-vous qui est donné tous les trois ans par le généraliste ou le gynécologue. Reste à savoir pourquoi Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé, dont les principales mesures ont jusqu’ici consisté à réduire le déficit de la Sécurité sociale, fait la promotion du vaccin et a décidé de le rembourser. Déjà 189 millions d’euros ont été engrangés par le fabricant du Gardasil® en deux ans (2), seulement avec le marché français…

Marie Payrard

(1) Avis du HCSP du 14 décembre 2007.
(2) Selon l’Afssaps, 1,4 million de doses de Gardasil ® ont été délivrées jusqu’en juin 2008.

L’URML, la voix des médecins

L’union régionale des médecins (URML) n’est pas un syndicat, mais bien un organisme représentatif de l’ensemble des médecins libéraux composé de praticiens qui sont élus par leurs pairs. Il en existe un par région. Régies par une loi de 1993, les URML doivent contribuer à “l’amélioration de la gestion du système de santé et à la promotion de la qualité des soins”. L’URML Réunion avait récemment lancé une polémique en remettant en cause l’efficacité du dépistage du cancer de la prostate.
Elle se défend pour autant de réaliser des campagnes d’information systématiques contre les campagnes nationales de santé. “Nous ne disons pas de ne pas faire le vaccin. Faites-le si vous pensez que c’est bénéfique, mais avant tout, parlez-en avec votre médecin.
Ce n’est certainement pas un mauvais vaccin mais il est un peu tôt pour le généraliser”, soutient le Dr Bogo

Comment s’attrape le cancer du col de l’utérus ?

Le cancer du col de l’utérus est l’évolution d’une infection prolongée (environ 20 ans) des virus de type papillomavirus. Ces derniers sont contractés le plus souvent après les premiers contacts sexuels. La plupart des femmes vont éliminer spontanément ces virus en un ou deux ans. Dans le cas contraire, elles risquent de développer un cancer du col de l’utérus.

Selon l’institut de veille sanitaire (INVS), le cancer du col de l’utérus est le 8ème cancer féminin en France pour le nombre de cas, avec près de 3 400 cas estimés en 2000, le pic d’incidence étant à 40 ans. Il est aussi le 15ème cancer féminin en France pour le nombre de décès avec près de 1000 décès en 2000.
Le pic de mortalité se situe à 50 ans.


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