
PREFECTURE
DE LA REUNION
DOSSIER D’INFORMATION
A DESTINATION DES ASSOCIATIONS
La lutte contre le
moustique est l’affaire de tous.
Au quotidien, chacun peut
participer à la lutte.
En vous protégeant, c’est
toute la population que vous protégez.
Le
chikungunya est une maladie virale (c’est-à-dire provoquée par un virus)
Le virus est transmis aux humains
par la piqûre d’un moustique infecté. Un moustique peut transmettre le
virus seulement s'il a auparavant piqué quelqu'un porteur de la maladie pendant la
période virémique, c’est à dire pendant les 5 jours qui suivent l’apparition
des premiers symptômes. Lors d'une autre piqûre, le moustique peut transmettre
la maladie à une personne saine. Entre le moment où un humain est
piqué par un moustique porteur du virus et l'apparition de la maladie, il y a
un délai de 2 à 5 jours. Les moustiques piquant plusieurs fois, un seul
moustique infecté peut donc contaminer plusieurs personnes. Un
moustique infecté peut transmettre la maladie toute sa vie (environ 1 mois).
Précisons que ce virus est présent
dans le sang de la personne malade et ne vit pas à l’extérieur du corps humain.
Il ne se transmet donc pas par contact d’une personne à l’autre et n'est pas
présent dans l'air. Le virus
ne se transmet pas d'humain à humain.
La maladie du chikungunya
évolue en trois phases :
-
une phase d’incubation : 4 à 7 jours entre la piqûre et les
premiers symptômes
-
une période de virémie pendant laquelle le patient peut
présenter une forte fièvre, des douleurs aux articulations, des maux de tête,
une éruption cutanée et parfois la présence de plaques dans la bouche. Des
nausées et vomissements sont également possibles. Cette période dure environ 5
jours après l’apparition des premiers symptômes. Pendant cette phase, le malade
peut contaminer des moustiques qui le piquent.
-
La période dite «de convalescence» pendant laquelle le
patient peut présenter des douleurs articulaires parfois très douloureuses et
invalidantes, pendant plusieurs semaines à plusieurs mois.
Notons cependant que certains
malades présentent peu de symptômes alors que d'autres peuvent présenter des
formes plus sévères, obligeant à interrompre ses activités habituelles.
Toute personne qui a été infectée
acquiert une immunité durable. Les douleurs peuvent réapparaître dans les mois
qui suivent la contamination.
Des complications sont possibles
mais restent rares. Cette maladie peut aggraver l’état de santé de personnes
déjà fragilisées (les personnes âgées, les malades chroniques, les nouveau-nés)
comme le ferait la grippe par exemple. C'est pourquoi ces personnes doivent
redoubler de vigilance pour se protéger de la piqûre des moustiques.
Contrairement au paludisme, il
n’existe pas de traitement spécifique contre le virus du Chikungunya. Mais des
traitements peuvent soulager les symptômes.
Le moustique vecteur du virus Chikungunya à La
Réunion est l’aedes albopictus, moustique zébré noir et blanc.
Biologie du moustique
-
Le moustique est un insecte, il possède six pattes, deux
antennes et une paire d’ailes. Il se nourrit de nectar et non de sang ;
-
le cycle de vie du moustique comprend 4 phases : 3 phases
aquatiques (oeuf, larve, nymphe) et 1 phase aérienne (adulte) ;
-
4 genres de moustiques représentant 13 espèces sont présents
à la Réunion ;
-
seules les moustiques femelles piquent, elles ont besoin
d'un repas de sang pour la fabrication des oeufs, le moustique ne pique pas
pour se nourrir mais pour se reproduire ; (la femelle n'est fécondée qu'une
seule fois pour toute son existence ; par contre, avant chaque ponte, elle a
besoin des protéines qu'elle trouve dans le sang, pour fabriquer les oeufs)
Il vit surtout en milieu urbain et
est très commun à La Réunion. Il ne se déplace pas au delà de 100 mètres de son
lieu de ponte.
Le moustique pond dans des
retenues d’eau stagnantes de petites tailles et de faibles profondeurs.
Il faut savoir que 80% des lieux
de ponte du moustique sont d’origine humaine comme par exemple les coupelles de
fleurs, les gouttières bouchées, les piscines non entretenues mais aussi les
déchets divers.
20% sont d’origine naturelle, à
savoir les tronc d’arbres, flaques d’eau, bords d’étangs.
Les œufs du moustique sont très
résistants à la déshydratation. En effet, ils peuvent rester plusieurs mois
dans des récipients secs et se mettrent à éclore lorsque ce récipient se
remplira d’eau de pluie par exemple.
Il faut environ 6 jours pour que
la larve donne naissance à un moustique adulte.
L'aedes albopictus pique le
jour, avec une activité plus importante le matin et le soir.
Il se réfugie sous les feuillages
ou dans des zones d’ombre.
Son activité et sa capacité de
transmission du virus se réduit avec l’altitude ; elle devient presque
nulle à partir de 800 mètres de haut.
L’action de l’Etat.
La lutte contre le chikungunya
repose exclusivement sur la lutte contre le moustique et la protection
individuelle.
Il s’agit de diminuer dans des
proportions importantes la population des moustiques aedes albopictus pour
réduire l’impact du chikungunya.
Cette lutte prend différentes
formes :
-
la lutte contre le moustique adulte par pulvérisation de
produits chimiques
-
la lutte contre les larves par pulvérisation de produits
biologiques
Ces deux formes de lutte sont
assurées par les agents équipés et formés à cet effet.
Cependant, elles ont leurs limites
: l’efficacité des produits diminue avec le temps, notamment lorsque
surviennent des pluies qui diluent le produit dispersé.
Pour compléter ces actions, il
faut donc impérativement détruire les lieux de pontes en organisant des
opérations de nettoyage des décharges sauvages, des ravines. Celles-ci sont
conduites régulièrement par l’ensemble des collectivités et par l’Etat.
Pour être plus efficace, une
mobilisation communautaire de tous les Réunionnais est nécessaire et
importante.
Il s’agit là d’empêcher les
moustiques de naître en éliminant le plus grand nombre de lieux où le moustique
est susceptible de pondre.
Il s’agit de rechercher tous les espaces susceptibles de
satisfaire aux moustiques : gîtes de repos et gîtes larvaires.
Le moustique apprécie la végétation dense (haies, massifs,
arbustes). Il se rencontre généralement entre 0 et 3 mètres de hauteur, sous
les feuilles. On le retrouve aussi dans les zones d’ombre, les zones fraîches,
humides et à l’abri du vent.
Exemple d’actions efficaces
Éclaircir les massifs de plantes
Couper les bambous à la base ou au-dessus du nœud (éviter
l’accumulation d’eau)
Éviter de planter tout près de la maison.
Éviter les plantes grimpantes sur la maison.
Arroser les plantes au pied, éviter le feuillage.
Installer des plantes répulsives (Citronnelle, Géranium,
Neem, …)
Ne pas entreposer des feuilles de tôle, plaques de
contreplaqué, des planches de bois dans un endroit frais et humide.
Le plus efficace, ce serait de les supprimer totalement.
Suivant le cas, soit on retourne les récipients, soit on les remplit de sable
ou de terre. Dans certaines cases créoles, il n’est pas rare de rencontrer
plusieurs centaines de coupelles sous les capillaires ou les orchidées, des
centaines de contenants divers abandonnés ou oubliés au fond du jardin :
bouteilles, pierres artificielles, moques, …
Exemples d’actions efficaces
Récipients à eau (gamelle…) : à retourner
Pot de boutures : mettre les boutures dans de la terre
humide
Vieux pneus : remplir de sable ou de terre (il est
impossible de vider un pneu)
Détritus végétaux : à enlever
Déchets plastiques ou verre : à enlever
Fond de piscine : à vider, voir percer, à
chlorer
Fûts, citernes… : à recouvrir de
moustiquaires
Gouttières défectueuses : à nettoyer,
réparer ou changer
La protection individuelle : moyen de protection et recommandations
Pour éviter d'être infecté par le
virus du chikungunya il faut se protéger des piqûres de moustiques.
Plusieurs modes de protection
individuelle sont disponibles :
-
diffuseurs électriques
-
serpentins pour l’extérieur,
-
Port de vêtements longs le soir
-
Moustiquaire autour des berceaux des bébés toute la journée
-
ventilateur ou climatisateur,
-
crèmes et sprays répulsifs avec des recommandations
particulières : pour les nourrissons de moins de 3 mois : aucun produit
anti-moustique ne doit être appliqué ; de 3 mois à 12 ans et pour les femmes
enceintes il faut demander conseil aux pharmaciens ; à partir de 13 ans : tous
les répulsifs peuvent être utilisés.
Dans tous
les cas, il convient d'éviter le contact avec les yeux et les muqueuses
(lèvres).
Il est aussi indispensable de se
protéger contre les piqûres lorsqu’on présente les symptômes du chikungunya.
Pendant les 5 premiers jours de la maladie (phase de virémie), la personne
malade est porteuse du virus dans son sang. Chaque moustique qui piquera une
personne malade durant cette période sera contaminé et pourrait infecter une
autre personne.
Il est particulièrement recommandé aux
personnes fragiles (personnes atteintes de maladies chroniques, personnes
âgées) mais aussi aux femmes enceintes, en particulier celles qui approchent de
leur terme, de redoubler de vigilance.
La protection individuelle permet de protéger sa santé et
celle de sa famille.
Employées seules, certaines méthodes ne sont pas efficace
dans la prévention des piqûres de moustique. Cependant, les techniques de
protection présentées si-après constituent un ensemble de geste simples qui
participent à la lutte au quotidien.
Ces moustiquaires doivent être installées aux portes et aux
fenêtres. Un des meilleurs systèmes est la moustiquaire à glissière qui est
totalement hermétique aux moustiques. Ces barrières mécaniques ont été testées
dans des zones bien plus envahies que la Réunion et sont particulièrement
efficaces. On peut, au préalable, passer un coup de bombe dans la chambre,
aérer quelques minutes, et se glisser à l’intérieur. Il est possible avec un
ventilateur à main de démoustiquer sans produit (voir plus loin). C’est une
protection indispensable pour protéger les bébés, les jeunes enfants, les
femmes enceintes et les vielles personnes qui ne peuvent pas toujours utiliser
les autres mesures de prévention contre le chikungunya. Il est bien sûr
possible d’équiper toute la maison de cette manière.
Ce système a un double avantage. Il interdit à la fois aux
populations de moustiques de rentrer, mais il permet aussi d’empêcher la
personne en phase de virémie de chikungunya de transmettre le virus aux autres
membres de sa famille.
Les moustiques ont horreur du vent. Un courant d’air continu
face à une porte d’entrée n’empêche pas ceux-ci de rentrer, mais peut les
repousser. Il s’agit d’une barrière mécanique non nocive qui peut être activée
à tout moment. Il faut veiller à toutes nos activités dans lesquelles on reste
immobile. Ainsi, on peut envisager l’installation d’un courant d’air dans les
endroits où nous avons des activités statiques : sous un bureau sur lequel
on travaille, sous une table sur laquelle on mange, ou dans notre direction
lorsqu’on lit ou si on regarde la télévision, …On devrait l’utiliser dans la
chambre d’un bébé, d’une personne âgée, à la cuisine où les insecticides
devraient être proscrits.
Un ventilateur portatif peut être utilisé comme complément
de démoustiqueur d’une chambre ou d’une pièce quelconque (attention aux dessous
de lit, placards, derrière le linge suspendu,
et autres recoins). Il suffit de diriger le courant d’air du fond de la
pièce et de le déplacer vers la porte d’entrée (ou la fenêtre) pour faire fuir
les moustiques vers la sortie.
Un ventilateur peut être installé au plafond d’une pièce,
mais dans ce cas, il faut faire attention aux zones de contre-courant d’air et
aux zones protégées (sous un lit, sous une table) où les moustiques pourront se
réfugier. On peut soit chasser les moustiques par courant d’air ou démoustiquer
auparavant à la bombe, sous les meubles ou tout autres objets dans lequel ou
sous lequel peut se protéger les moustiques.
Le moustique n’apprécie pas le froid. La température agit
comme une barrière mécanique aux activités des moustiques. Ils apprécient
généralement les températures entre 18° et 30°. Il est important de connaître
certains seuils de température en relation avec la biologie des Aedes. Le seuil
d’activité des adultes est à 10°. En dessous de 15°, les femelles cessent de
s’alimenter. L’éclosion des œufs peut se faire au-dessus de 18°. La température
optimum est aux alentours de 28°. Enfin, les femelles moustiques meurent à 40°.
Les observations dans les zones climatisées tendent à
prouver qu’il n’apprécie guère les différences de température. Il n’est donc
pas nécessaire de faire descendre la température en dessous de 10°. Un écart de
5 à 6° entre la température extérieure et la salle climatisée opère comme une
barrière climatique et repousse les moustiques.
On sait que le moustique apprécie plus les endroits humides
que secs. La femelle pique plus quand l’air est chargé d’humidité que lorsque
l’air est sec. Ainsi par opposition, les moustiques sont très sensibles au
dessèchement. L’agressivité est croissante lorsque, avec la chaleur, l’humidité
de l’air dépasse 30%. A partir de 60% et plus l’agressivité est au maximum.
Une déshumidification, sans annuler le
risque de piqûre, peut le diminuer.
Les Aedes piquent
essentiellement au lever du jour et à la tombée de la nuit. Ils peuvent
également piquer en pleine journée, principalement dans les zones d’ombre, sous
une table, dans une voiture, etc. La protection doit être soutenue durant
toute la journée. Il faut redoubler d’attention aux abords des jardins
(surtout si la végétation est dense et humide), surtout au lever et au coucher
du soleil
Les voitures et principalement leurs déplacements permettent
aux moustiques de se déplacer sans effort. Le conducteur assis, immobile, est
la proie idéale de la femelle moustique. Il est impératif de démoustiquer sa
voiture avant chaque déplacement. Si vous n’avez pas de bombe insecticide et
vous voulez éviter d’être piquer, brancher la ventilation au maximum en
tournant l’interrupteur : direction du courant d’air sur les pieds (et non
sur la vitre avant = aucun effet, piqûres garanties).
La première chose à savoir c’est que le moustique a moins de
possibilité de vous piquer si vous êtes en mouvement. Par contre, ils sont attirés par les formes et les mouvements.
Dès que l’on s’arrête, dès que l’on est immobile, le moustique commence à
s’intéresser à vous. Plus près, ils perçoivent la radiation thermique de la
peau (rayonnement infrarouge). Nous avons alors tout une panoplie de vêtements,
de produits, de répulsifs, à notre disposition.
Il est bien sûr fortement conseillé de porter des vêtements
longs, principalement le matin et le soir, couvrant les bras et les jambes
permettent une première défense contre les piqûres, mais cela ne suffit pas. Il
faut accompagner la tenue vestimentaire de répulsifs (repelents, crèmes et
sprays de protection, …).
L'anti-moustique le plus efficace sur le marché serait le
diéthyl-toluamide (DEET). Il agirait en bloquant les récepteurs qui permettent
aux moustiques de déceler la présence chimique d'une proie. Attention tout de
même aux indications du fabricant : il peut irriter la peau de certaines
personnes et endommager divers tissus synthétiques. Le produit est appliqué
directement sur la peau. Une proportion de 30% de DEET dans le produit suffit.
Il faut éviter le plus possible l’emploi intempestif des
insecticides. A moyen terme, il y a un risque de résistance du moustique.
Toutefois, les bombes insecticides permettent d’abattre efficacement et
immédiatement les moustiques. Elles contiennent une formulation insecticide et
un gaz propulseur qui la diffuse sous forme d’aérosol dans la pièce. Elles
offrent une protection de très courte durée, juste quelques minutes après leur
pulvérisation mais elles sont utiles, par exemple, avant d’entrer dans une
pièce, ou avant d’aller dormir pour tuer tout insecte ayant pu pénétrer dans la
pièce pendant la journée. Attention de ne pas pulvériser l’insecticide dans
une pièce où se trouve des produits alimentaires, des boissons et des couverts
(verre, assiettes, couteaux fourchettes, …). Elles complètent donc l’action
rémanente des diffuseurs d’insecticides électriques.
Il s’agit de prises électriques à flacon. Ils protègent une
chambre pendant plusieurs nuits (8 à 10 heures par nuit) en diffusant
régulièrement un insecticide (alléthrine ou pyréthroïde). Attention, pour la
chambre de bébé, il est déconseillé d’en faire une utilisation prolongée.
Préférer la moustiquaire.
Il s’agit de prises électriques à plaquettes. La plaquette
est placée sur une grille chauffée électriquement ce qui libère un insecticide
diffusant par évaporation. Ces plaquettes contiennent généralement un
indicateur coloré qui s’évapore au même rythme que l’insecticide. Préférer la
moustiquaire.
Les serpentins, ou spirales à brûler, constituent l’exemple
le mieux connu des vaporisateurs d’insecticides. Le principe actif est
généralement un pyréthrinoïde de synthèse. Ils se vendent tellement à la
Réunion que l’on risque parfois de ne plus en trouver. Ils peuvent être
utilisés sous une véranda ou dans une pièce aérée et protègent normalement
pendant 6 à 8 heures. Préférer la moustiquaire.
Les crèmes, laits et gels sont aussi efficaces que les
sprays, voire plus, à condition de contenir comme principe actif du EHD en
concentration importante, du DEET ou du DMP. Ces produits s’appliquent sur la
peau de préférence une heure avant le coucher du soleil puis au moment d’entrer
dans son lit.
Les toiles moustiquaires constituent la solution idéale pour
se protéger, qu’elles soient ou non imprégnées d’insecticide (voir par
ailleurs). On en trouve au mètre ou prêt à poser, dans les boutiques de tissus
et les pharmacies. La dimension des mailles et la résistance du matériau sont
des points importants : les mailles doivent être inférieures à 1,5 mm. Il
faut également vérifier que la moustiquaire ne soit pas déchirée ou trouée et
n’oubliez pas de rabattre les bords sous le matelas.