UNION REGIONALE DES MEDECINS LIBERAUX DE LA REUNION
Trente-huit cas de transmission
materno-fœtale du chikungunya

Publié le 12/09/2007 http://www.jim.fr
"Mother-to-child transmission of chikungunya virus infection." Pediatr. Infect. Dis. J. 2007 ; 26 (9) : 811-815
Ramful, Duksha MD*; Carbonnier, Magali MD?; Pasquet, Marlène MD*; Bouhmani, Brahim MD?; Ghazouani, Jamal MD?; Noormahomed, Tahir MD§; Beullier, Gilles MD[//]; Attali, Tania MD*; Samperiz, Sylvain MD*; Fourmaintraux, Alain MD?; Alessandri, Jean-Luc MD*

From the
*Service de Réanimation Néonatale et Pédiatrique, CHD Félix Guyon, Saint-Denis de La Réunion;
?Service de Réanimation Néonatale et Pédiatrique, Groupe Hospitalier Sud Réunion;
?Service de Pédiatrie, Centre Hospitalier Intercommunal Saint-Benoit;
§Service de Néonatologie, Clinique Sainte-Clotilde;
[//]Service de Pédiatrie, Centre Hospitalier Gabriel Martin, La Réunion, France.
Accepted for publication March 22, 2007.
Address for correspondence: Duksha Ramful, MD, Service de Réanimation Néonatale et
Pédiatrique, Centre Hospitalier Départemental Félix Guyon, 97405 Saint-Denis Cedex, La Réunion,

======================================

Résumé

En 2005-2006, le virus chikungunya a été responsable d’une épidémie sans précédent sur l’île de la Réunion. Plus de 250 000 personnes, soit un tiers de la population ont été infectées.

Durant cette épidémie, des infections ont été documentées chez des nouveau-nés de mères ayant présenté une infection en période périnatale. Les critères diagnostiques pour ces enfants étaient la détection par PCR d’ARN viral dans le sérum et/ou le LCR pendant la première semaine de vie ou la présence d’IgM dans le sérum dans les 15 premiers jours de vie. Compte tenu de l’incubation de la maladie (4 à 7 jours) et du délai classique de détection de l’ARN ou des IgM, l’hypothèse d’une transmission materno-fœtale a été retenue (l’autre hypothèse étant une piqûre infestante dans les premières heures de vie, ce qui dans une maternité climatisée est peu probable).

Les auteurs ont réalisé une étude rétrospective de ces observations, soit 38 cas entre mars 2005 et avril 2006.

Les mères (à l’exception de deux qui sont restées asymptomatiques) ont présenté les signes cliniques d’infection à chikungunya entre J-4 et J+1 de l’accouchement. Vingt six enfants (68 %) sont nés par voie basse et 12 (32 %) par césarienne. Le terme moyen était de 38 semaines d’aménorrhée et les nouveau-nés pesaient en moyenne 3 kg. Les symptômes sont apparus chez ces derniers entre J3 et J7. La douleur (évaluée selon une échelle spécifique au nouveau né) était constante, la fièvre présente dans 79 % des cas et une éruption cutanée caractéristique (érythème évoluant vers une desquamation des extrémités) a été observée chez 82 % des enfants.

Tous ont été pris en charge en néonatologie et ont reçu un traitement symptomatique
. L’évolution a été simple avec une régression des symptômes en 2 semaines pour 61 % des nouveau-nés.
Pour les autres, des complications hémorragiques (intestinales, cérébrales ou conjonctivales), neurologiques (hypotonie, convulsions) ou à type d’instabilité hémodynamiques ont été observées.
Un nouveau-né est décédé dans un tableau d’entérocolite nécrosante et de septicémie à Klebsiella pneumoniae.

Si la transmission materno-fœtale semble établie, le mécanisme reste incertain. Le fait que près d’un tiers des enfants soient nés par césarienne va à l’encontre de l’hypothèse dune contamination lors du passage dans la filière génitale. Un passage transplacentaire du virus semble plus probable.

Dr Alice Perignon
[Page précédente]