UNION REGIONALE DES MEDECINS LIBERAUX DE LA REUNION
CHIKUNGUNYA
Sémiologie - Mortalité - Epidémie

28 avril 2004

SEMIOLOGIE
(Source des données : ORS, CIRE)

La nature et la répartition des principaux symptômes sont stables depuis le début de l’épidémie.

Dans les cas notifiés par les médecins sentinelles la sémiologie comportait
  • De la fièvre (100%)
  • Des arthralgies. (100%)
  • Les céphalées (74%),
  • les myalgies (64%)
  • les éruptions cutanées (33%)
Une analyse sémiologique compléte (hépatites, méningo-encéphalites, etc...) est à consulter sur Médecine Tropicale

MORTALITE
Communiqué de presse - INVS - INSERM
28 avril 2006


L’Institut de veille sanitaire (InVS) et l’Inserm communiquent les résultats des analyses portant sur la mortalité à la Réunion dans le cadre de l’épidémie de chikungunya qui sévit dans l’île depuis le mois de mars 2005 et qui a touché à ce jour 248 000 personnes environ.

A la demande du ministère chargé de la Santé, l’Institut de veille sanitaire a mené une analyse de la mortalité à la Réunion afin d’estimer l’impact de l’épidémie de chikungunya (1).
L’InVS a également sollicité l’Inserm pour que son Centre d’épidémiologie des causes médicales de décès (CépiDc) réalise l’analyse des certificats de décès correspondants à des décès survenus à la Réunion durant les mois de décembre 2005, janvier et février 2006 (mois pour lesquels l’épidémie était la plus active).

L’objectif était de savoir si l’épidémie de chikungunya actuellement en cours à la Réunion est responsable d’une surmortalité parmi la population.

Les résultats des études de l’InVs mettent en évidence :
  • l’absence de surmortalité à la Réunion pour l’ensemble de l’année 2005 ;
  • un excès de mortalité pour les mois de janvier ( + 7,1 %, +25 décès), de février (+34,4 %, +100 décès) et de mars 2006 (+25,2 % +76 décès)*.
  • ces résultats sont confirmés par l’analyse des données hebdomadaires de mortalité faisant apparaître une surmortalité significative et constante du 23 janvier au 18 mars.
Il est donc hautement probable que l’excès de mortalité observé à partir du 23 janvier soit lié au chikungunya, dans la mesure où celui-ci est concomitant de la progression rapide de l’épidémie ( plus de 46 000 cas pour la semaine du 6 au 12 février).

Le travail mené par l’Inserm (CépiDC) sur la base de l’analyse des certificats de décès, met en évidence, de façon concordante, les données scientifiques suivantes :
  • 125 certificats de décès mentionnant le Chikungunya survenus à la Réunion, pour les mois de janvier et de février 2006 ;
  • plus de 2 décès sur 3 concernant des personnes âgées de plus de 65 ans et un quart des personnes de plus de 85 ans, sans disctinction de sexe ;
  • le Chikungunya apparaissant plus souvent dans les certificats mentionnant des causes de décès en rapport avec des maladies endocriennes et hépatiques ;
  • enfin, les calculs de surmortalité menés par le CépiDc sur l’ensemble de l’Ile donnant des résultats concordants avec ceux obtenus par l’InVs à partir de données émanant des communes informatisées.
(1) sur la base des données journalières de mortalité de l’Insee (pour les années 2002, 2003 et 2004) et des données de mortalité des 13 communes de la Réunion dont les états civils sont informatisés et qui totalisent 87 % des décès survenus sur l’île.

Contacts presse : Laetitia Gouffé-Benadiba (InVS) : 01 41 79 67 08 - Elsa Vidal (InVS) : 01 41 79 69 59 - Séverine Ciancia (Inserm) : 01 44 23 60 86

EPIDEMIE
(Source INVS)

La courbe épidémique montre la diminution notable du nombre de cas observée depuis 4 semaines consécutives durant lesquelles le nombre hebdomadaire de nouveaux cas s’est toutefois maintenu à un niveau élevé : estimation non définitive de 2700 cas) selon le "Point épidémiologique hebdomadaire pour la semaine du 17 au 23 avril 2006 [Lire] (pdf)
L'épidémie reste donc toujours active.

La dynamique de l’épidémie dépendant en grande partie de la transmission vectorielle, il convient donc de rester prudent sur les évolutions ultérieures de l’incidence de la maladie.

En cette époque de stabilisation de l’épidémie à un niveau de transmission toujours élevé, il est important d’insister sur la nécessité de maintenir les actions de prévention contre les piqûres de moustiques et de ne pas relâcher les efforts individuels et communautaires de lutte contre les moustiques.



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